Month: August, 2009

fucking split

non non non, je ne veux pas.
j’en ai marre de ces séparations.
je ne veux pas, je veux juste pouvoir me dire que non, l’inspiration créatrice ne peut pas se tarir.

d’abord Calla au mois de mai…

We apologize for being out of touch since our last record “Strength in Numbers” and our last tour with Interpol, late ’07. We had decided after five records it was time for us to take a little hiatus and concentrate on personal lives and individual projects.

… j’ai eu envie de crier à Aurelio Valle qu’il n’avait pas le droit de spliter, surtout pas là, pas maintenant.

et il y a cinq minutes… Miles Kane m’a déchiré le cœur en annonçant sur twitter

seeing as everyone now knows, i’m allowed to publicize that yes the rascals have split.

… si Thom Yorke fait une annonce du genre pour Radiohead, je prends des cours de chant et de guitare et je monte mon groupe… !

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audio session: My Brightest Diamond

reliez votre casque à votre ordi, connectez-vous sur le site de lenoir, sur france inter, cherchez la black session de Shara Warden, aka My Brightest Diamond, et…

non, allez, cliquez simplement ici
et dépêchez-vous, l’émission de lenoir reprend le 31 août, j’ignore combien de temps cette black session restera en ligne.

vous êtes prêt(e) ? fermez les yeux et laissez vous bercer par la voix de Shara…

give me a lift! Arcade fire & the Rascals

amis des ascenseurs, bien le bonjour.
je n’aime pas les ascenseurs, et vous ?
pourtant ils donnent parfois l’occasion d’assister à des moments d’exception…

je vous laisse donc en compagnie de cette formidable réalisation de Vincent Moon, un habitué du genre et activiste de la blogothèque qui signe ce clip ascenseur des excellents Arcade Fire. Neon Bible comme jamais vu, j’envie ceux d’entre vous qui découvrent cette minute cinquante neuf de bonheur et la feuille de papier comme instrument de musique…

pour les claustrophobes, je vous propose par ailleurs de découvrir une session ascenseur plus aérée : (behind) closed door, une émission de la télé néerlandaise en ligne 3voor12
aujourd’hui Miles Kane est votre hôte, et vous invite, seul à la guitare, à découvrir un petit aperçu du répertoire des Rascals… j’ignore si, comme moi, vous serez sensible, non seulement à sa guitare, mais également à son délicieux accent…

PJ Harvey & John Parish (astra kulturhaus, 07/05/09)

hier soir, 18 août 2009, je partais fiévreusement warschauer strasse, toute émoustillée d’assister à un nouveau concert mais surtout contente de voir enfin Beirut. pourtant une question me taraudait : qui avais-je vu dernièrement à l’astra ?
pas facile pour un crapaud d’être parfois frappé d’amnésie…
je sors du s-bahn, traverse le pont et zou, la mémoire me revient. comment avoir pu oublier ?
c’est ici même, quelques mois plus tôt, que je connaissais une émotion suffisamment forte pour y repenser régulièrement et avoir illico la chair de cocotte (le comble pour un crapaud). ben oui, rien que ça.

Polly Jean Harvey et John Parish, en concert, le 7 mai 2009…

d’abord ce concert partait mal ! initialement annoncé dans la passionskirsche de berlin, lieu magique où Kristin Hersh et Emiliana Torrini avaient en leur temps enflammé l’assistance, le concert était déplacé dans une salle plus grande : l’astra.

j’arrivais là-bas un peu émue. je devais revendre la deuxième place que j’avais sur les bras. tout ce que je déteste. accoster les gens et proposer de vendre quelque chose. l’horreur absolue, comme dirait Katerine. j’allais au guichet pour demander, pleine d’espoir, si la madame elle voudrait pas me racheter ma place et elle m’expliqua qu’il suffisait d’aller à l’entrée et de la vendre là-bas. tout ce que je voulais éviter. c’est alors que j’entendis une voix toute timide me dire : Hast du eine Karte zu verkaufen?. une jeune grenouille bien mignonne me faisait un grand sourire. je m’entendis alors baragouiner en regardant par terre : tja, ja. le rouge aux joues elle me tendait l’argent, le rouge aux joues je lui tendais la place. la soirée pouvait enfin commencer…

le site de l’astra est assez chouette, plusieurs bâtiments à proximité de la spree. une ancienne petite friche industrielle qui inspirerait plus d’un photographe, sans plus. la salle en elle-même n’a rien de spécial. elle sent bon la DDR, sans charme particulier. les murs sont recouverts d’un revêtement difficile à identifier, on dirait de la tôle à rayure, dans les tons sombres…ça pourrait être aussi bien de la tapisserie, remarquez, mais parfois la laideur est stupéfiante et on n’ose s’en approcher ! je trouve un endroit près d’un poteau, près de la scène, sur la gauche (vu de l’entrée). j’observe le public : très mélangé. un public à la Nick Cave. oui je sais, la comparaison est fastoche, mais c’est vrai ! des vieux, des jeunes, voilà, c’est pas un concert électro !

je me descends ma bière en attendant le début, je suis passablement morose et démoralisée, bien que je sois déjà une inconditionnelle de A Woman a man walked by, et que je devrais me réjouir d’avoir la chance d’être là ce soir…
c’est alors que débarque seul en scène l’étonnant Howie Gelb. grand, la voix profonde, c’est un gros blagueur. le public est hilare. je me détends. musicalement c’est un peu trop “folk” pour moi, mais je suis vraiment emballée par ce qu’il fait avec sa guitare, ne se prenant pas au sérieux, jouant de sa voix. la soirée commence en douceur et en beauté. allez donc voir par là pour entendre ça de vos oreilles. des tonnerres d’applaudissement se font entendre alors qu’il quitte la scène. on aurait presque pu passer la soirée avec lui.

et puis on attend. la suite. ça traîne, ça traîne, il commence à faire chaud. de la musique un peu pourrie flotte dans l’air. la morosité me reprend.
et puis, le noir se fait doucement pour laisser place à l’excitation.
John Parish apparaît le premier, sourire aux lèvres, affublé de son éternel chapeau, le chic anglais par excellence. il est suivi des trois autres musiciens, tous chapeautés. il ne manque que Polly. mais je ne vois plus rien pendant quelques secondes, un grand s’est mis devant moi. pourtant je sens une clameur s’élever, je me dresse sur la pointe des pieds, la voilà, bon sang…

on dirait qu’un ange entre sur scène… PJ Harvey est là, dans sa belle robe noire, petit sac à main sur l’épaule, son éternel rouge à lèvre rouge flamboyant… le grand qui était devant moi a dû s’évanouir, car je ne vois désormais plus qu’elle, là, face à moi. je ne la quitte pas des yeux. la beauté incarnée, c’est pas possible. je n’ose imaginer l’effet qu’elle procure à la gente masculine, mais personnellement, elle est ce soir d’une beauté à couper le souffle qui stupéfie le crapaud qui est en moi. elle irradie la salle de son sourire. elle semble follement heureuse. ouh la la, je vais m’évanouir (le grand s’est décalé sur la droite)…

mais pas le temps, Black hearted love commence. ce morceau est un de mes préférés : le texte, la mélodie, la guitare de John Parish, la ferveur avec laquelle elle la chante. elle l’aime cette chanson, ça ne fait pas de doute. on sent sur ce premier morceau toute la puissance et la connivence des musiciens, on dirait de vieux loubards à qui on ne la fait plus ! les morceaux suivants mélangent le premier album Dance hall at Louse Point, que je ne connais pas, et le dernier. tout semble parfaitement maitrisé d’un point de vue musical, le son est d’une qualité remarquable, et une espèce d’harmonie se dégage de la scène. je me demande si je vais défaillir en entendant Taut, bon sang, c’est pas pour les mémés ! même si j’adore son album White Chalk, je reste une inconditionnelle de l’énergie que dégage To bring you my love. sa manière de jouer avec sa voix sur cet album montre que that woman-man est bien loin de toutes ces chanteuses à la voix chatoyante qui se dandinent comme des pouffiasses pour attirer le mâle qui n’attend que ça… pardon, je m’égare…

c’est sûr que celui qui s’attendait à entendre la petite voix de California pendant tout le concert ne pouvait que s’émouvoir en entendant la belle rugir sur A woman a man walked by / the crow knows where all.

je ressens une espèce de fièvre en voyant ce joli visage plein de grâce chanter I want your fucking ass… ah que c’est bon ! et je ne vous parle pas de Pig will not, ce morceau que je fais hurler dans mon salon depuis des mois. cette façon de grogner, de crier, de hurler et… d’aboyer… je n’ai jamais rien ressenti d’aussi sauvage et libérateur à la fois. j’aime quand elle hurle, alors que sa voix toute en douceur sur White Chalk me comble de douceur… ahhhh, j’ai l’impression qu’elle fait sortir des trucs qui sont en moi, c’est une sensation jamais ressentie… allez, aboie encore un coup ! en plus elle saute de tous les côtés de la scène, elle ne fait pas que l’interpréter méchamment cette chanson, elle la vit ! un grand moment, bon sang, je n’en peux plus.

ça sent la fin. tout le monde a l’air épuisé, sur scène, comme dans la salle. installés en rang d’oignons tous les cinq, ils nous regardent, heureux et comme surpris par l’accueil que nous leur avons réservé. leurs remerciements nous parviennent comme bouleversés… ils ont du mal à quitter la scène, nous souhaitent bonne nuit, et finissent par se retirer.
bien entendu, les applaudissements étant nourris, ils ne tardent pas à revenir sur scène pour deux morceaux. John Parish se met au micro, tout seul, pour False Fire, un des singles de A woman…. je dois bien avouer que sur disque, je n’accroche pas du tout à la voix de Parish. pourtant là, alors que PJ le force presque à y aller, il forge sa voix d’une vraie émotion qui fait de ce morceau, un véritable petit bijou (qui perd malgré tout de la force sur l’enregistrement du single).
April finit la soirée en beauté et en douceur, merci, juste ce qu’il faut pour arrêter d’avoir envie de sauter partout !

et voilà… c’est fini. mais ils ne partent pas… ils restent là, face à nous, tous sourires. ils murmurent des remerciements, nous souhaitent à nouveau bonne nuit, mais restent là, ne bougent pas, comme hypnotisés par nos applaudissements. ils nous regardent comme ça pendant de longues secondes, voire des minutes. on dirait que le temps c’est arrêté… et puis PJ se prend un nounours dans la tête, elle rigole, le ramasse, et voilà, tout le monde sort de son rêve et s’apprête à partir. la scène se vide, les applaudissements continuent doucement. les lumières se rallument.

je ressors mollement, ne voyant plus personne, épuisée mais complètement sous le charme. j’achète le premier album, histoire de ne pas rentrer sans un ultime souvenir. je trainasse un peu comme si je ne voulais pas que ça s’arrête.
je m’apprête malgré tout à prendre le tram, j’attends au feu pour traverser.
je sens alors une main dans mon dos et des doigts qui me tapent sur l’épaule. je me retourne. elle est là, un kebab à la main, toujours le rouge aux joues, les yeux pétillants. je mets cinq secondes à la reconnaître tellement je suis dans mes rêves. je sens mes joues chauffer, c’est pas possible. je crois que si elle pouvait m’embrasser pour me remercier de lui avoir vendu la place, elle le ferait. on échange nos impressions quelques instants. elle aussi est totalement emballée par la prestation de Polly ce soir. et puis, elle me lance un regard doux et pétillant et me demande ce que j’ai prévu de faire maintenant. et les mots sortent de ma bouche sans que je ne contrôle quoi que ce soit. ich muss leider gehen. elle baisse les yeux, je suis morte de honte, elle me sourit, me souhaite bonne nuit d’une voix infiniment douce, je lui souris, j’ai le cœur gonflé prêt à exploser et je traverse pour rejoindre l’arrêt de tram. une fois assis dans le tram, je sens des larmes couler sur mes joues de crapaud. quelle soirée !

©Pictures by Duncan Schwier, taken from PJ Harvey’s website

juicy frog is born!

bonjour,

voici un blog, encore un. juicy frog qu’il s’appelle.
il est né le jour de l’anniversaire de mon mentor musical.
je lui dédis donc mon premier article qui devrait paraître très bientôt.

allez, shake your rumpa, et pour fêter ça,
un p’tit coup de Last Shadow Puppets.. eh ben non, chez juicy frog, on ne s’en lasse pas…