Month: September, 2009

would you like to split up or not?

une nouvelle m’a fait frémir ce matin…
il l’a annoncé ce matin… arghhhh….
(oui je sais ça veut rien dire, mais bon, d’abord, il fait un -super- album en solo, ensuite il sort des morceaux comme ça à droite à gauche, et pour finir il annonce que pour lui le cd n’a plus d’avenir… m’enfin, quand on pense que In Rainbows aurait pu ne jamais voir le jour, on ne va pas se plaindre)

reste maintenant à trouver un nom à tout ça. demandons à Adam Buxton, il a sûrement sa petite idée…

© picture from Radiohead’s website

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us vs. uk

la grenouille belgo-suisse et néanmoins bonne amie, m’accompagnait dernièrement à un concert d’un groupe américain, dont vous vous trouverez ici-même très bientôt la chronique, et me fit la remarque suivante : « c’est marrant, mais ça ne m’étonne pas que tu aimes ce groupe, toi le fan de musique anglaise » (par opposition à la musique américaine, NdR).
je rétorquais alors, amusé par un tel constat, que The Dodos était un groupe américain.
ma grenouille prit un air surpris et gêné à la fois, « ah oui ? ».
puis j’ai commencé à lui faire une liste mentalement des groupes américains que j’aimais…

alors puisqu’on me colle l’étiquette de la pop et du rock anglais (que j’accepte avec un bonheur infini), chère grenouille voici ma réponse, sans rancune aucune, sous forme de liste (non exhaustive et sans ordre de préférence).
Calla / The National / Midlake / Animal Collective / Andrew Bird / My Brightest Diamond / Beirut / The Dodos / Sophia / Blonde Redhead / Sparklehorse / Beastie Boys / So Called / Spoon / Grizzly Bear / MGMT / M. Ward / Elvis Perkins / Bright Eyes / Fleet Foxes / Kristin Hersh / Gossip / Steven Merritt / Scott Walker / Bon Iver / The Decemberists / Shannon Wright / D.J. Spooky (that subliminal kid) / Pavement / Camphor / Anti-pop Consortium / I love you but I’ve chosen darkness / Elliott Smith (RIP) / Thievery Corporation / D.J. BC / Girl Talk…

sans compter que ma grenouille brixtonienne m’a très récemment fait (enfin) découvrir Sonic Youth (oui bon je sais, il serait temps…)… et qu’en plus je pourrais ajouter à cette liste, les nombreux artistes canadiens qui ont le bonheur de passer sur ma chaîne ou sur iPop, puisqu’ils font eux aussi partie du continent américain. mais bon certains d’entre eux étant québécois, je ne me permettrais pas de les associer à la musique américaine, quelle hérésie !
si ça vous dit je ferai prochainement la liste de mes groupes anglais préférés !

the weekly barometer (weekend edition)

1. Lights – Archive
2. Kill Bill vol. 4 – Modeselektor
3. Brother Sport – Animal Collective
4. Ballad of the broken Birdie Records – Múm
5. Anti-Orgasm – Sonic Youth

Múm (Lido, 05/09/09)

à moitié motivé pour ce concert le crapaud juteux. pour une raison simple: le dernier album de Múm, ces islandais chéris pendant tant d’années par votre serviteur, ben ce dernier album, , ben il ne l’enthousiasme pas, mais alors pas du tout.

ces chants de chorale à n’en plus finir, « la la la la la la la la la », y’en a marre. ça me fait le même effet que lorsque A Silver Mount Zion s’est mis à faire de la chorale avec le Tra-la-la-Band (rien que le nom…), finies les belles envolées musicales et bonjour les chants tous ensemble. j’aime pas les chorales, j’ai jamais aimé. y’a encore que Grizzly Bear ou Fleet Foxes que je supporte, là tout de suite. et encore, parfois c’est limite. bon passons, et venons-en au fait. pas très motivé, pour une simple raison : depuis que Kristín Anna a quitté le groupe, c’est tout simplement plus pareil. sa voie frêle et douce, comme si elle allait parfois éclater en sanglots, cette voix là m’avait ouverte la porte aux voix féminines. et sans compter que les petits sons fabuleux de Gunnar et Örvar, bref, ça avait de la gueule.

pas que les deux derniers albums sans Kristín Anna et sa sœur jumelle Gyða soient moins bons, ils sont juste différents. ils sont plus joyeux qu’avant en fait. et ce que le crapaud aimait sur l’excellent Yesterday was dramatic, Today is OK, c’est qu’on sentait une certaine mélancolie, une tristesse mêlée à une joie naissante. lesquelles ont désormais disparu, mais pourquoi pas, ne soyons pas sectaires.

me voilà arrivée au Lido, sans plan, au nez, la classe, ça m’est encore jamais arrivé… j’attends sagement ma grenouille accompagnatrice de la soirée, ma copine du lac blanc. j’ai bien envie de voir la première partie, Benni Hemm Hemm. après avoir écouté quelques extraits là, je suis sûr que ça nous plairait, à ma grenouille et à moi. le seul truc c’est que la dite grenouille tarde à arriver, et quand elle arrive, on est tellement heureux de se retrouver (on ne s’est pas vu depuis super longtemps) qu’on va se boire une bière et se fumer un clope dans la cour intérieure du Lido plutôt que d’aller écouter la première partie. les gros nazes. surtout que fumer pour une grenouille, ça peut être dangereux…
je ne vous détaille pas nos conversations d’anciens combattants batraciens. laissez-moi plutôt vous décrire le Lido, un tout petit peu. une salle magique. toute petite. toute jolie et chaleureuse. avec des escaliers pour s’asseoir dans un coin. voici quelques photos pour vous faire une idée.

une fois qu’on a passé la caisse, la salle se trouve à droite. mais on peut continuer tout droit, passer devant le stand où il y a d’habitude les CD, DVD, t-shirts et autres merveilles à acheter. et on passe une porte, puis une deuxième et on arrive dans le patio. magique, sympa, bière pas terrible (l’astra), mais super ambiance. surtout en été.
la salle en elle-même est chouette comme tout. une simple boule à facette au plafond, un bar à l’entrée, des dits escaliers sur la gauche, la scène occupant une bonne partie de l’espace. parfois y a des projections sur les murs. c’est petit, c’est mignon, et quand on est soi même nain (et mignon ?), on s’y sent bien. c’est au Lido que j’ai vu My Brightest Diamond, un moment fabuleux. mais aussi Art Brut, un moment drôlissime.

bon, on discute avec ma copine grenouille, et d’un seul coup on se rend compte qu’il n’y a plus grand monde autour de nous. et surtout on entend de la musique !
on arrive dans la salle, on ne peut pas être plus au fond, contre le bar. ça ne me stresse même pas. ça ne peut pas énerver quiconque d’ailleurs, car si Múm est déjà sur scène en train de jouer, les 3/4 du public sont assis par terre. la vue est dégagée, l’ambiance est tout simplement à l’apaisement, la rêverie, l’abandon de soi, que c’est agréable…
et puis le morceau se termine, un autre va pour s’enchaîner, et des voix se font entendre. des voix du fond. aufstehen! dans la langue des Einstürzstende Neubauten, ça veut dire « debout » ! alors le public se lève et d’un seul coup, il y a plein de place… alors nous nous avançons pour mieux voir.

donc voilà Múm.

un petit pincement au cœur lorsque je localise Gunni et Örvar. je fais le compte : la chorale se compose quand même de sept personnes, pas une de moins. la violoncelliste/violoniste m’énerve en moins de deux morceaux, elle gesticule, elle braille, on ne voit qu’elle, sa joie de vivre est indécente ! je me concentre sur Eiki, au clavier et à la trompette, sur le devant gauche de la scène, et à son opposé, Örvar, tout à droite. au milieu Hildur, l’énervante, et, à ses côtés, Silla qui chante aussi et qui joue (entre autres) du ukulélé. Gunni (à la basse), Robbi (à la guitare) et Samuli (à la batterie) sont en retrait.

je commence à bouger un peu du croupion, ouéé, c’est bien. ils ont quand même l’air sympa les Múm. des bonnes trognes, ils se la pètent pas. cool, quoi. Örvar raconte des anecdotes entre les chansons, l’ambiance est vraiment chouette. mais j’ai presque l’impression de regarder un concert à la télévision. je n’accroche pas, bon sang. on se lance des regards complices avec ma grenouille, on s’échange nos places pour avoir différents angles de vue.

et puis la magie opère enfin avec A little bit, sometimes… deuxième morceau du quatrième album, bien rythmé, aux agréables « Someeetiiiiiiimmmmes », bref, d’un seul coup d’un seul, je suis dedans, et bien dedans. ahhh, que c’est bon. j’arrête de détester Hildur, je regarde Silla, les garçons, bref, tout va bien. on dirait que le concert commence (ma grenouille me confirmera plus tard que, pour elle aussi, ce morceau a été décisif). les morceaux du dernier et du précédent album s’enchaînent, la scène dégage une pêche et une joie incroyables. quelle harmonie et quel bonheur, sur scène, comme dans la salle et c’est tellement agréable de les voir danser, chanter tous ensemble, hurler, se sourire, se faire des clins d’œil, des blagues, nous sourire.

honnêtement, je ne peux pas vous donner la setlist ou vous dire quels sont les morceaux qui m’ont fait vibrer. tous étaient épatants tout simplement. des petites attractions ponctuent le concert : Örvar annonce que Samuli a quitté la scène. puis il revient, sous un tonnerre d’applaudissements. Sur un autre morceau, Eiki passe à la basse, Gunni à la guitare. Örvar attrape son melodica, qu’il abandonne ensuite pour sa console, Silla se munit d’une guitare, Hildur frappe dans ses mains, joue avec les cordes de son violon, Örvar prend une guitare. la folie. ça a l’air tellement facile la musique avec eux.
à se demander si, en islande, on ne naît pas avec des instruments entre les mains. tous les groupes islandais sont comme ça, sans exception aucune.

bref, quand ils quittent la scène, je me sens emplie de bonnes ondes et d’un bonheur communicatif. ma grenouille a l’air également ravie, je l’ai même vue chanter sur un morceau !
pourtant (ben oui, il faut toujours qu’il y ait un « pourtant » !), dommage qu’ils n’aient pas joué de morceaux du premier et du deuxième albums, qui restent pour moi, les meilleurs (ou tout au moins mes préférés). mais bon, c’est pas si grave non plus.

et les revoilà sur scène. tout content. ahh, qu’ils sont sympa quand même. la lumière se tamise à nouveau. et puis une note, une seule note d’Örvar… et d’un seul coup, votre crapaud se transforme en putois et se met à coasser comme un fou. j’ai juste pas réussi à me contrôler, j’ai un peu honte. je sens ma grenouille me regarder avec étonnement. mes yeux se mettent à briller, alors que quelques autres putois braillent encore plus fort, ayant eux aussi reconnu l’incroyable, la formidable, la fabuleuse, la splendide Ballad of the broken Birdie Records. oh la la, c’est pas vrai, je commence à chouiner, elle va chanter. Silla va remplacer Kristín Anna, arggghhh, c’est pas possible. j’essaye de ne pas y attacher d’importance, ce qui compte c’est qu’elle chante. ahhh, plus que quelques secondes, elle va commencer… je suis prise de tremblements, mon cœur semble prêt à exploser, et au moment où elle desserre les lèvres, je m’abandonne enfin complètement à cette jolie voix… parce qu’elle chante doucement, avec tout plein d’amour, tandis que les autres s’excitent comme des tabanés sur leurs instruments.

si cette chanson me paraît particulièrement réussie c’est parce qu’elle allie avec perfection les rythmes post-rock, les bruitages électro et une voix douce et pleine d’émotions. et ce soir, Múm ne fera pas durer le morceau 5mn et des brouettes comme sur l’album, mais une éternité. autant dire le bonheur total.
les lumières se rallument sur le sol du Lido, je rouvre les yeux, sans parvenir pour autant à cacher mon émotion. ma grenouille me sourit et me rejoint (elle avait fini par grimper sur les marches pour mieux voir). elle me demande ce que c’était que ce morceau. je lui explique. et elle me demande pourquoi je n’ai pas voulu venir sur les marches avec elle. ben parce que j’étais comme dans un cocon, là, au milieu des autres. j’étais bien, juste bien…

… et alors que nous quittons lentement la salle, la bande son nous donne les résultats du championnat de foot anglais. chelsey a perdu. alors on retourne se boire une bière pour oublier.

© all pictures from Múm taken from their website
© Pia Thierer, for pictures from Lido taken from their website

erratum-tum

bon, voilà, à faire l’excité, le crapaud juteux a démontré qu’il était juteux et excité, mais surtout bigleux.
car la fameuse box des Beatles, disponible désormais au prix de 180,00 € sur le site d’amazon.de mais à quel prix chez votre disquaire indé préféré (?), contient tous les albums des maîtres. white album included.
je vous demande pardon, je vous demande pardon…!

the weekly barometer

1. Rabbit in your headlight – Unkle feat. Thom Yorke
2. Fables – The Dodos
3. Mr. November – The National
4. Black hearted love – PJ Harvey & John Parish
5. Lime tree – Bright Eyes

09.09.09

aujourd’hui, c’est le jour J.
les fans attendent ça depuis des années.
le crapaud juteux n’est pas un fan absolu, pourtant il ne saurait se passer de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band et du volume deux des Past Masters (aaaah Day Tripper et Paperback Writer… !).
alors la question est là : quand on a déjà tous les albums des Beatles en cd, pourquoi les racheter ?

pour une raison simple, et tout simplement essentielle : leur son est tout bonnement pourri, crado, on a parfois l’impression qu’il manque des pistes ou que Sir George Martin était un piètre producteur (quelle offense !).

et quand on a eu la chance de voir l’intégrale de Anthology, au son remastérisé, lisse et impeccable vous faisant redécouvrir instantanément certains morceaux que vous croyiez connaître et bah, je peux vous dire que ça vous coupe le souffle et que ça vous dégoûte après de réécouter vos cd au son pourrave !

n’empêche, s’offrir le coffret tant attendu, sorti aujourd’hui, le 09.09.09, pour la modique somme de 215,00 €, en mono ou stéréo, est-ce vraiment raisonnable ?



surtout avec tout plein de trucs inédits dans le coffret, des vidéos inédites, des propos inédits, des photos inédites, des miettes de sandwich inédites de McCartney pendant l’enregistrement d’Abbey Road*, et gnagnagna…
à se demander si on achète un album de musique ou une pochette surprise…

m’enfin, dans tout ça, l’album blanc, il est où ?…

si c’est pas du commerce, encore et encore, réalisé sur sur le dos de John Lennon et Georges Harrison, qu’est-ce que c’est ?…
eh bah non, il faut lire comme il faut ce qui est écrit sur la boîte : il s’agit d’un best-of et pas d’une intégrale… quel ronchon tu fais, crapaud !

m’enfin, cela ne va pas t’empêcher de trépigner d’impatience en attendant d’avoir en ta possession au moins Rubber Soul, Revolver, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, et Past Masters Volume Two

bizarre de se dire que même sans être un fan absolu, on achètera quand même, voir même on trépignera.
pas besoin d’être un fan absolu pour avoir envie d’acquérir ce qui paraissait impossible.
il suffit d’aimer la musique, la pop, le rock.
il suffit d’écouter la musique depuis les Beatles.
ce sont eux les responsables.
ouais, responsables de toute cette incroyable musique et de tous ces groupes géniaux qui peuplent l’île des grands-bretons.
par leur génie, ils ont insufflé comme une inspiration presque éternelle à tous ceux qui avaient des oreilles et qui aujourd’hui sont les dignes descendants de ce groupe mythique, quoi qu’on en dise.

alors oui, même si c’est encore et toujours commercial, comment se passer de ces rééditions ?
jetez un œil à cette formidable opération marketing et dîtes-moi si ça ne vous fait pas baver.
moi non, je suis un crapaud juteux, mais je ne bave, excusez-moi du peu…

* ah oui, tiens, quelle bonne idée ! allez donc lire l’excellent (quoi que épineux) article que rouquinho a consacré à Abbey Road. attention ! l’auteur est un fan absolu, un puriste et un musicologue, alors accrochez-vous !

Beirut (astra kulturhaus, 18/08/09)

les lecteurs avides que vous êtes (?) se demandent sans doute ce que ma chronique sur Beirut est devenue. introduire PJ Harvey avec Beirut, pourquoi pas, mais bon, ça ne fait pas très sérieux tout ça…

alors je disais que…
je partais fiévreusement warschauer strasse, tout émoustillé d’assister à un nouveau concert mais surtout contente de voir enfin Beirut. pourtant une question me taraudait : qui avais-je vu dernièrement à l’astra ?
pas facile pour un crapaud d’être parfois frappé d’amnésie…
je sors du s-bahn, traverse le pont et zou, la mémoire me revient.

mais ce soir je partais pour une autre ambiance, celle des balkans. bizarrement le concert est annoncé comme étant complet mais on dirait qu’il y a moins de monde que pour PJ. en entrant dans la salle je me précipite vers le bar pour acheter une bouteille d’eau (on ne rentre désormais plus dans un club ou une salle de concert avec sa bouteille d’eau, même vide…) que j’englou(glou)tis en moins de deux en observant l’auditoire depuis le même poste d’observation que la dernière fois, offrant un angle de vue garanti ou presque sur la scène, comme sur la salle. je suis surprise par le public qui est plutôt jeune et surtout très cosmopolite… je n’arrive à identifier qu’un seul allemand dans mon proche entourage, tous les autres sont espagnols, italiens, portugais… c’est marrant…

très vite (il ne faut voir ici aucun lien de cause à effet) je suis incommodée par une forte odeur assez nauséabonde, qui s’incruste et colle comme de la vieille soupe aigre sous les aisselles, une bête odeur de pieds, et pour être exact, ça sent carrément le placard à chaussures… je cherche le ou les coupables, peine perdue, on est déjà trop nombreux… !

je n’ai finalement pas trop le temps d’exposer mon pauvre cerveau de batracien à quelconques réflexions que déjà la lumière se tamise à mesure que le public se tasse. des lumières rosâtres accueillent peu à peu une tribu de gars ayant une certaine allure, une espèce de tribu yankee.

ils sont six les bougres : de gauche à droite, vus de la fosse, un joueur de sitar qui semble sorti d’une réserve d’indiens d’amérique et qui a l’air de planer grave, à ses côtés un guitariste qui sort tout droit d’un film de cowboy avec ses ‘tiags et sa chemise, puis vient au centre un mec tout sec, tout nerveux (qui, pendant tout le concert, donnera l’impression qu’il va faire dans son pantalon), avec une moustache assez ridicule (on dirait qu’il vient de se la coller sur la lèvre avant d’entrer en scène), il est habillé d’un jabot et d’un foulard qui paraissent l’étouffer et se positionne face au synthé ; derrière lui, le batteur, pas de chichis, bonne gueule de ce que je croyais être un américain, rien à signaler. puis en revenant sur le devant de la scène, un beau joli petit mec dont je ne me rappelle pas la tenue, à part son chapeau (…), et qui semble tout content d’être là ; contrairement aux autres qui ont l’air soit nerveux, soit hyper concentrés, soit carrément en dehors de notre système solaire, il semble totalement détendu devant son sampler, je ne sais pas exactement si c’est un sampler, ça ressemble à une console (voir photo, il est au djembé) d’où sortiront plus tard quelques sons de folie.
et enfin, le dernier larron, sorti du far-west, avec un haut-de-forme sur la tête et le violon à la main sans oublier l’égo à la hauteur de son chapeau.

la preuve en images…



c’est lui d’ailleurs qui ouvre le bal. ses comparses le rejoignent sans tarder, chacun leur tour, et très vite des accents post-rock envoutent la salle. si bien qu’au bout de deux morceaux ça pue déjà le chite dans la salle… les morceaux justement prennent peu à peu de l’épaisseur, on sent comme monter la fièvre, rythmée parfois par un duo batterie-djembé. le set semble durer très peu de temps, même si chaque morceau durant une dizaine de minutes prend le temps de se développer jusqu’à l’implosion… la musique est pas mal, dommage juste qu’on entende trop le violon. un titre qui partait pourtant méchamment bien finit en long hurlement insoutenable (je me demandais depuis le début pourquoi il y avait un micro au niveau du guitariste…) qui gâche presque tout. et voilà le « chanteur » qui prend la parole, « thank you so much. we are the… ». comment ?… j’ai pas compris le nom du groupe, verdammt, comment ils s’appellent ?… on est plusieurs à se regarder, j’ai l’impression que je ne suis pas la seule à avoir fait des années d’anglais pour ne rien comprendre le soir d’un concert…

n’empêche, les teintes musicales des néo-zélandais de An Emerald City (!) sont enivrantes, un peu de GY!BE, de Pink Floyd, sans parvenir pour autant à décoller comme il faudrait vraiment pour définitivement accrocher l’oreille ou faire planer.
le dernier morceau s’annonce et pendant qu’il prend doucement forme, un oiseau apparaît sur scène. ou plutôt une fille déguisée en oiseau, au costume assez moche, qui se place à droite du batteur sur un marche pied, et commence à voler au rythme des guitares et du violon. enfin, essaye de voler. la pauvre n’arrive même pas à décoller, elle est même assez ridicule, gracieuse comme un éléphant sur des patins à glace… le plus drôle c’est que nombreux sont ceux dans le public qui rigolent à la fin du morceau découvrant cet oiseau cloué au sol, alors que le groupe quitte la scène en nous remerciant, sans même lui jeter un regard… sympa en tout cas les gars, même s’ils ne sont pas très démonstratifs. ils sont assez touchants et authentiques.

et nous revoilà dans la lumière, musique de fond indéfinissable mais agréable, les rangs se resserrent, je n’ai devant moi, pour une fois, que des nains comme le crapaud que je suis, la visibilité est impeccable, ça s’annonce bien. mais l’attente est longue, alors j’ai le temps de réfléchir à plein de choses… et alors que les lumières se font à nouveau chatoyantes et teintées cette fois de bleu, et que le charmant Zach Condon pénètre sur scène devant un public en liesse, un truc me chagrine. pourquoi faut-il que je repense à ça maintenant ?…
et puis le groupe arrive au grand complet, et avec lui, une connasse d’un mètre quatre vingt qui se met devant moi… arghhh, Hilfe! c’est ce genre de grognasse qui en plus se regarde respirer alors je lui tire gentiment la queue de cheval et lui fait toc-toc dans le dos. elle m’ignore ou est insensible : ma jolie, t’as intérêt à te décaler sinon je te pète les rotules. le crapaud est gentil, mais perd tout son calme en concert quand il n’y voit plus rien. le dieu des greluches est avec elle, elle se décale un peu sur la droite et relève sa queue de cheval en chignon…

mon esprit revient alors sur la scène, maintenant que Beirut est au complet, je cherche le violoniste dont une grenouille amie m’avait parlé jadis. pas de violoniste en vue, peu importe, je sais que la trompette de Zach suffira à faire mon bonheur. Beirut est souriant, joyeux et extrêmement chaleureux dès la première note, pas uniquement Zach Condon, mais tout le groupe. Les premiers morceaux (ouh la la, The Gulag Orkestar…) font guincher le public, fait vite chaud, et je suis sous le charme des trompette-tuba, etc… et de l’espèce de nabot qui seconde Zach, espèce de musicien génial qui touche chaque instrument avec talent et le sait… mais quel horrible accent, c’est effroyable !

d’un seul coup tout semble gai et joyeux… Mount Wroclai (Idle days) enflamme les derniers résistants qui refusaient de bouger le popotin, c’est la folie !… ça gigote, certains tortillent du croupion comme si c’était de la java, des ballons de toutes les couleurs volent dans le public, des papillons de papier colorés dansent dans les airs, l’ambiance est terrible, ouh la la… puis les morceaux s’enchainent, La Javanaise donne l’occasion à Zach Condon de chanter en français, c’est super, lorsque petit à petit je me rends compte que mon esprit divague… je fais une fixation sur le tuba que je n’avais pas vraiment regardé auparavant…

et à force de réfléchir, tout en écoutant d’une oreille, je me fais la réflexion qu’à part quelques titres, les morceaux passent sans qu’on y prête vraiment attention… même si tous les musiciens assurent comme des bêtes chacun à leur niveau (accordéon, batterie, synthé/piano, trompette, tuba, trombone),et que la contrebasse, un chouïa mal réglée, vous donne l’impression que votre cœur va exploser à chaque note, non, vraiment j’ai d’un seul coup la tête ailleurs, et si je pense à autre chose, c’est que au final, ça veut dire que j’aurai pu…

mais voilà Postcard from Italy qui nous lamine les rotules. The Akara arrive à point nommer pour nous apaiser la plante des pieds, oui enfin on guiche encore. l’ambiance est vraiment excellente. une tuerie on peut dire. et toujours ces foutus ballons qui volent, ça commence en revanche à énerver un peu tout le monde (quelques gestes d’impatience, une grosse frappe sur un ballon qu’un mec se prend en pleine tronche, des excuses du smasheur, tout va bien, c’est la fête !…)…



et puis la fin s’annonce, Zach est chou, vraiment (I don’t know why but I always have a kind of fever when I come to Berlin) ; il n’arrête pas d’éternuer, faut dire qu’il a quitté son pull et qu’un sale courant d’air souffle au dessus de nos têtes, il se gratte la gorge, et moi je me demande s’il pourra chanter demain où qu’il soit, je le trouve vraiment trop sympa, trop gentil, sincère, touchant… mais je ne suis tout simplement plus dedans….
le groupe finit par quitter la scène, visiblement fatigué, et les applaudissements de rappel commencent à résonner. Zach revient tout seul sur scène avec son ukulélé, le temps d’une chanson. il a l’air cuit. il n’est pas le seul. le groupe le rejoint pour deux ou trois morceaux, quand un éclair de lucidité m’explose le cerveau : ça y est j’ai trouvé, le tuba, sans ses lunettes on dirait françois fillon (ah quel soulagement !).

je continue à réfléchir, ne perdant Zach Condon ni d’une oreille ni d’un œil, et je me dis que, c’est vrai, je n’ai jamais pu écouter un album de Beirut à la suite d’un autre. alors voilà, c’est peut-être pour ça que je n’ai vraiment l’impression d’avoir entendu que certains titres. pff, vraiment c’est nul de s’en rendre compte maintenant, mais bon la lumière revient, on sort doucement de la salle, tous trempés de chaud. je sors content de ma soirée mais un peu sur ma fin…

mais pourquoi donc, crapaud ?
parce que, je ne cesse de penser que, ce soir, à la même heure, ce même soir, y’avait Tortoise qui passait à berlin…
et le dernier Tortoise est… dans le top 5 de l’étang…
je m’étais sortie de la tête la venue des tortues de chicago alors que j’avais déjà ma place pour Beirut, quand… ce matin là, pour une raison encore obscure (pourquoi le matin même du concert de Beirut ?), je consultais le site de mon copain fatcat et tombais sur cette info
… un concert s’annonçant comme exceptionnel et jamais vu. de quoi vous faire regretter votre spontanéité de crapaud et la rapidité avec laquelle vous achetez vos places de concert !

© Pictures by Mike Menzerl from Astra’s website