Month: January, 2010

the weekly barometer (thursday’s special)

1. Eure Liebe tötet mich – Tocotronic
2. Das Blut an meinen Händen – Tocotronic
3. Gift – Tocotronic
4. Mein Ruin – Tocotronic
5. Im Zweifel für den Zweifel – Tocotronic

the Herbaliser (Lido, 13/11/09)

après Portishead en 2008, encore un grand moment en perspective.
un autre groupe mythique de votre crapaud, un groupe qu’il aurait pensé ne jamais voir de sa vie. et qui était en concert ce soir là. et comme on ne se rend pas seul à un concert mythique dont la date a été annoncée il y a moins d’un mois, votre crapaud a convié sa grenouille phacochère à venir danser avec lui.

car il ne s’agit pas seulement d’aller les voir et les écouter. vous vous imaginez assister à un concert des Herbaliser sans danser, vous ? surtout avec Ollie Teeba aux platines, je ne vois pas trop comment c’est possible !

ahhh que la journée avait bien commencé… ce matin là votre crapaud fait péter sur sa chaîne dès 9h du matin Take London, l’avant-dernier album des Herbaliser. de quoi vous donner la patate pour toute la journée. Same as it never was s’enchaîne admirablement, alors le dernier album a continué de rythmer ma journée.


et le soir est arrivé, le crapaud n’en peut plus. aaahhhh, voir Wherry et Teeba, ouais, pour de vrai, c’est pas possible !
et c’est où, cette belle soirée qui s’annonce ? au Lido ! ma grenouille et moi prenons soin de ne pas arriver en retard, car nos contre-marques nous indiquent d’être là à l’heure (du jamais vu pour un concert !).
et à 21h pétantes, The Herbaliser envahissent la scène, au grand bonheur d’un public qui est déjà hystérique.
9 ans qu’on attend ça, autant dire une éternité. et Same as it Never was qui ouvre le bal sans même nous laisser le temps de regarder qui est là, ni de réaliser qui est bien là, devant nous, ce soir.

c’est sûr qu’à part Ollie Teeba, ma grenouille et moi, on ne connait pas les autres. il nous est arrivé d’aller guincher à l’Icon, un super club berlinois, repère du label Ninja Tunes, où DJ Ollie Teeba vint faire un set le temps d’une soirée mémorable (bien que les Herbaliser soient désormais chez K7!).
bref, nos regards cherchent Jake Wherry, la deuxième tête pensante des Herbaliser qui normalement est à la basse. mais votre crapaud a un doute. le gars qui est à la basse ne lui ressemble pas vraiment. et puis bon, comme le trompettiste est quand même le chauffeur de salle, rigolard, sympa comme tout, et nous faisant faire n’importe quoi, on en vient à la conclusion que ça doit être lui (sauf qu’au final on apprendra qu’il s’agit de Ralph Lamb !!).
et hop, quand Jessica Darling arrive sur scène pour Can’t help this feeling, vos batraciens n’ont plus aucun doute sur l’identité de chacun des membres.

ouh la la, Jessica Darling. une anglaise, une vraie ! les grenouilles de l’assistance retiennent leur souffle, Jessica arrive dans une robe très… comment dire… aérée ?! des bouts de tissu noir tenant les uns aux autres par l’opération du saint-esprit (et quel esprit !) et quelques petits boutons boutons par ci, par là, laissant découvrant la jambe gauche de la belle jusqu’en haut de sa cuisse ! la robe est joliment échancrée pour qu’on puisse imaginer à loisir la généreuse poitrine de la demoiselle…
autant dire que quand elle commence à chanter, les grenouilles s’affolent de tous les côtés.

vous aussi vous voulez voir Jessica ? allez, voilà le clip de Can’t help this feeling, rien que pour vous …

si Jessica est un chouïa vulgaire mais charmante au demeurant (!), on ne peut en revanche pas contester sa voix et sa manière de mettre le feu à une scène en se trémoussant. c’est sûr qu’elle n’a pas le phrasé délicieux de Jean Grae, qui pousse la chansonnette sur d’autres albums des Herbaliser, mais elle ouvre une nouvelle voie au groupe sur son dernier album (ah ah ah !).
car si vous ne connaissez pas les Londoniens, leur electro, scratch, jazz, hip hop serait une heureuse rencontre entre James Brown et James Bond. James Brown meets James Bond. ils revendiquent aussi bien l’influence de James Brown que de Lalo Schifrin, alors forcément ça peut faire que remuer du popotin !!

regardez un peu ce petit film réalisé par leur label pour en savoir plus…

la setlist du concert est renversante… Mr Chombee has the flaw, Geddim’, Missing Suitcase… je peux même vous la donner dans l’ordre si vous voulez… (voir plus bas !)

l’ambiance est torride, c’est l’euphorie complète. tout le monde gigote, rigole, quel bonheur. Ralph Lamb nous demande constamment d’hurler, d’applaudir, de chanter. il est largement responsable de la réussite de la soirée, car si on compte sur Teeba pour mettre de l’ambiance, on peut attendre longtemps ! planqué derrière son ibook et ses platines, il se lèche en permanence les doigts pour scratcher, mais reste dans son coin ! la trompette de Ralph Lamb, les saxos et la flûte d’Andrew Ross n’arrêtent pas une seconde, c’est dingo. la flûte traversière dans l’électro, je ne vous dis que ça !

au chant, quand ce n’est pas Jessica qui s’y colle, l’ambiance est assurée par MC Icon, un gars de New York, qui, non content de chanter comme une bête, ne cesse de sourire et de se marrer…
on se demande comment on va sortir de tout ça. les quitter ? c’est pas possible ! lorsqu’ils sortent de scène une première fois, ça hurle, ça siffle, ça tape des pieds, même votre crapaud braille autant qu’il peut.

ils reviennent avec Stranded on Earth et un autre morceau bien dansant. et ils se retirent à nouveau, en nous remerciant, ivres de bonheur et de fatigue. ça hurle, siffle, tape des pieds à nouveau, on sent bien que personne n’est prêt à lâcher le morceau. du coup, les revoilà, essayant de nous mettre à genoux (c’est un peu facile) avec On your Knees et Missing Suitcase… mais ma grenouille et moi, on a décidé qu’on ne partirait pas avant que le morceau qu’on veut entendre soit interprété… et j’ignore si les autres veulent le même morceau que nous, mais alors que les lumières se rallument, personne ne bouge, et c’est reparti pour un tour…

Ralph Lamb réapparaît, tout joyeux, suivi des autres, et d’un Ollie Teeba qui a l’air méchamment bougon. et lorsque Lamb annonce Amores Bongo, la grenouille et le crapaud se mettent à hurler comme des déments et dansent comme des fous jusqu’à la dernière note.
puis les lumières se rallument pour de vrai, et ni le crapaud ni la grenouille n’en croit leurs oreilles… la compile Headz sort des hauts-parleurs, l’ère electro-trip-hop est toujours d’actualité, ouéééééé !

particulièrement en forme, votre crapaud s’approche de la scène et demande au technicien (en anglais, n’importe quoi !) la setlist. jamais il n’avait fait ça de sa vie.
et puis, après, grenouille et crapaud se boivent une bière pour se rafraîchir, et c’est alors qu’ils voient un gars avec lui aussi une setlist à la main, mais signée par les Herbaliser.
alors ils ne se démontent pas. et filent en direction de leur loge. une petite hésitation avant de frapper à la porte quand même, je ne fais pas le malin pour autant. ma grenouille m’encourage. Ralph Lamb ouvre la porte en souriant et je n’ai même pas le temps de faire mon timide, je lui tends la setlist, je le remercie pour ce concert d’exception et il me demande de repasser dans cinq minutes avec un stylo.
dix minutes plus tard environ, une fille du Lido entre dans la loge et j’en profite pour monter ma petite tête. Lamb revient, hilare, et Teeba est juste à côté de lui. je rentre dans la loge, comme si j’étais chez moi. je dis à Lamb que c’est pas gentil de nous avoir fait attendre autant d’années, il rigole, Teeba aussi (Ollie Teeba qui sourit ça fait un choc, lui qui n’a pas décroché un rictus de la soirée !).

on se dit des banalités d’usage, et Lamb signe la setlist. alors qu’il la tend à Teeba, ce dernier ôte son pantalon (oui, oui, vous lisez bien !), découvrant un caleçon coloré. Teeba se marre comme un bossu, et s’excuse de se dépoiler tout en signant à son tour la setlist. à ce moment précis, Lamb passe derrière lui et lui baisse son caleçon ! bien entendu, le temps de réaliser ce qui se passe (mes yeux étaient portés sur la main de Teeba en train de signer, l’innocence même…), la situation est revenue en ordre et le caleçon à sa place ! c’est évidemment le fou-rire général, et je ressors de la loge en les remerciant, même pas gêné, vraiment on se sent comme chez soi avec eux !

la porte se referme, grenouille et crapaud regardent la setlist paraphée. Andie Ross sort à son tour et vient nous causer. il nous remercie d’être venu, on le remercie d’être venu…
et puis on s’éloigne. gonflés à bloc par ces deux fabuleuses heures de concert.
en sortant, on aide d’autres fans à décoller des affiches du concert et on se les partage.
puis chacun rentre chez soi. votre crapaud se dandine encore dans le tram sur le chemin du retour.
et si on refaisait la fête comme ça, sans attendre dix ans ?!

© pictures from myspace, herbaliser’s website and seemagazine

Gilles Peterson vs. Thom Yorke

bonjour, rave(urs) batraciens,

si vous vous sentez d’humeur badine, et prêts à guincher sur un peu de soul, hip hop, house, dubstep, jazz et autres merveilles, suivez Gilles Peterson, un des super dj de radio one (ah mais quelle radio !).

il y a quelques jours, Thom partageait l’affiche avec lui, pour un set très remuant du popotin mais également très varié.

cliquez vite ici (il ne reste plus que cinq jours pour écouter l’émission en ligne), invitez quels potes batraciens, enfilez vos fringues à paillettes et mettez à fond.

Grizzly Bear + St. Vincent (Postbahnhof am Ostbahnhof, 11/11/09)

un nouveau concert du fritzclub à la postbahnhof, quel bonheur. les Grizzly Bear en plus. et St. Vincent en première partie. l’affiche idéale.

votre crapaud est dans un sale état en se rendant au concert. moral en berne et fatigue, bref, c’est pas la joie. mais dès qu’il passe la porte d’entrée et qu’on le fouille en regardant son badge des Arctic Monkeys sur sa veste, il se sent déjà mieux. une petite bière par là-dessus et adieu morosité.

il n’y a presque personne dans la salle quand j’y pénètre. tout de suite mon œil est attiré par la scène… des instruments partout, et des loupiotes un peu partout dans les airs… que c’est joli. c’est quand même assez rare que la scène soit décorée, les concerts de Bat for Lashes et My Brightest Diamond étaient bien les seuls où on pouvait voir une véritable mise en scène. et ce sont des filles, alors on peut se dire qu’elles veulent créer un petit quelque chose rien qu’à elles. les Grizzly aussi visiblement.

la salle se remplit rapidement. et tout aussi rapidement, se constituent deux groupes : les grands sur la gauche et les nains à droite. pour ne rien vous cacher, j’étais au début à gauche…

bref, ma bière se termine, j’ai juste le temps de mettre le verre dans ma poche, et zou, la fumée se propage peu à peu sur la scène et une lumière douce aux tons jaunes laisse place à la charmante Annie Clark de St. Vincent, vêtue d’une jolie petite robe noire. elle est chou, il n’y a pas à dire avec ses jolies boucles noires et ses lèvres bien rouges.

votre crapaud l’a découverte il y a peu, grâce à Andrew Bird (et à, encore et toujours, la blogothèque). un concert à emporter de l’oiseau siffleur que vous pouvez découvrir par ici. un pur moment de bonheur, accrochez-vous…

facile de dire que St. Vincent est à la guitare ce qu’Andrew Bird est au violon. mais bon, en même temps, on n’est pas très loin de la vérité, sauf que St. Vincent ne siffle pas !

Annie Clark se sample, voix comme guitare, en direct, et se fait accompagner par une boîte à rythmes d’où s’échappent des beats qui tapent gentiment sans vous faire exploser le cerveau (pour ceux qui en sont pourvus…). il faut la voir sautiller, quand les beats démarrent. puis elle joue quelques notes, appuie sur une des ses nombreuses pédales, se met à chanter, appuie sur une autre pédale, et tout doucement le morceau prend forme. c’est tout simplement fascinant de voir ce qu’on peut faire quand on est tout seul et qu’on est agile des pieds.

Annie attaque avec Jesus saves, I Spend… sa salle accueille ses « pampampam » avec enchantement… et paf, un gros rif de guitare se charge de rendre ce morceau méchamment rock. ses trois quarts d’heures de set sont une merveille à l’état pur.

dans le public on est tous fous d’elle, on hurle, on applaudit comme des malades. elle sourit, nous remercie sans cesse, comme étonnée de l’ovation qui lui est faite.

ses doigts glissent gracieusement sur les cordes de sa guitare, ses cordes vocales jouent dans les graves comme dans les aigus. parfois un peu de Clare and the Reasons, un chouïa de My Brightest Diamond et peut être aussi un tout petit zeste de Kate Nash parfois.

super non ?! les idées noires du crapaud s’envolent. la bière commence à monter à la tête. génial.

et voilà que St. Vincent annonce le dernier morceau, en nous demandant d’applaudir Daniel Rossen des Grizzly Bear qui la rejoint à la guitare. le petit des Grizzly (il est sur le côté de la droite de la scène, en toute bonne logique !) fait de ce morceau une merveille, ah la la que c’est bien. on se rêve à imaginer Annie Clark accompagnée d’un groupe.

lorsqu’elle quitte la scène, Daniel Rossen reste là et hop, vérifie que les instruments des Grizzly sont en bonne forme. dis donc, Daniel, y’a des techniciens pour ça ! il est ensuite suivi du plus grand ours du groupe, le batteur Christopher Bear, qui vient essayer sa batterie. deux techniciens entrent à tâtons sur scène, ils finissent par reprendre le contrôle de leurs tâches… c’est sans compter sur l’arrivée de Chris Taylor, le bassiste, qui vient faire comme ses comparses. seul Ed Droste manque à l’appel.

les réglages semblent durer des heures, nous faisons remarquer notre impatience au bout d’une bonne demi-heure. les ultimes réglages sont faits, les techniciens se sauvent. voilà les Grizzly.

ils prennent leurs marquent rapido. en voyant Ed Droste, portant un t-shirt « monte carlo », je me demande comment j’ai pu oublier son visage, il respire la gentillesse et la drôlerie. il nous gratifie d’un sourire radieux. à sa droite se place Chris Taylor (qui est aussi le producteur du groupe), chemise à carreaux à moitié ouverte, laissant entrevoir un marcel et un tatouage sur la poitrine. à l’autre extrémité de la scène, Christopher Bear nous salut dans la bonne humeur derrière sa batterie, tandis que Daniel Rossen, à sa droite, positionne sa guitare.

le concert peut commencer.

s’il vous arrive de lire ce blog, et que vous connaissez Grizzly Bear, vous devez vous étonner de voir votre crapaud là, ce soir. il ne vous aura en effet pas échappé, qu’il n’aime pas, mais alors pas du tout, les groupes qu’il appelle « chorale ».

or il se trouve que, bon, oui, les Grizzly Bear, ils chantent quand même souvent ensemble… sauf qu’ils ne se limitent pas, justement, à chanter tout le temps de concert. non, chacun s’approprie un morceau, l’interprète avec justesse, et les autres pendant ce temps l’accompagne, sans que cela soit de manière systématique. si leur instruments se superposent en couche, les voix font de même.

ils ouvrent le concert avec Cheerleader… ahhhhh la la, la basse de la mort qui tue… en un morceau, un seul, ils enflamment l’assistance qui restera embrasée jusqu’au dernier rappel.

s’il m’est difficile de vous donner la setlist du concert (je ne connais pas vraiment les titres des morceaux, honte à moi), elle associe des morceaux de Yellow House et de Veckatimest. mise à part un titre qui ne me dit rien, je me délecte de chaque morceau, de ces voix qui arrangées merveilleusement vous emportent loin, bien loin, de la justesse de chaque note, de la complexité de chaque accord.

les Grizzly jouent comme des fous, se lancent des regards complices, se balancent des gouttes de sueur, se perdent dans les morceaux, passent de la guitare au clavier, de la basse à la clarinette ou au saxophone, de la batterie au piano, c’est la folie.

la balance est parfaite, tant au niveau des voix qu’au niveau des instruments. le son est impeccable. les loupiotes rouges s’allument sur certains refrains, l’ingé son qui s’en occupe fait du joli travail, il donne un petit côté magique à cette soirée, c’est très beau.
dans la salle, nous sommes serrés les uns contre les autres comme si on voulait se tenir chaud. certains morceaux méchamment entêtants nous font nous perdre avec les Grizzly.

lesquels semblent, comme nous, avoir le tournis. Chris Taylor délaisse un moment son saxophone d’où sort un son sourd pour exprimer sa surprise : « You’re incredibly tall in this room, that’s amazing! » c’est sûr qu’à part Ed Droste, les membres du groupe ne sont pas spécialement grands !

qu’on est bien avec eux. comme si le concert durait des heures et que la fin n’allait jamais arriver. l’ivresse est générale et nettement perceptible, sur la scène comme dans la salle.

lorsque les lumières se rallument après le rappel, la magie s’arrête brutalement d’un seul coup. chacun revient alors à cette réalité un peu moche, même si on lit sur les visages un véritable bonheur.

si seulement on pouvait rester. passer quelques heures avec les Grizzly. encore.

© FritzClub for concert pictures
© Grizzly Bear
© St Vincent

give me a flat! The Dodos

ah la la, comment bien commencer l’année (même si ça s’est passé en fin d’année dernière) ?

comme ça…

quels veinards nous sommes, merci à Benoit Toulemonde et Chryde (à la réalisation), sans oublier la blogothèque !

Arctic Monkeys (Zénith, 05/11/09)

je n’arrive pas à y croire. dans moins d’une heure, nous y serons, ma grenouile brudi et son têtard de la gare de lyon.
bon, évidemment le lieu du concert est loin de faire rêver : le zénith. quelle horreur, autant que ma mémoire de crapaud me le permet, l’acoustique de cette salle était crado de chez crado. et à l’époque je ne rôdais pas autour des salles de concert indé, c’est pour dire. les ingé son auront-ils usé de leur influence pour que ça change, une décennie plus tard ? il est toujours permis de rêver en tout cas.

nous arrivons donc au zénith, une grande salle sans âme répartie entre une belle fosse et des sièges de halle de sport. nous nous retrouvons assez loin de la scène, il est clair dès le départ qu’il est exclu de laisser un jeune têtard se laisser piétiner par des pogoteurs, donc nous nous plaçons sur les gradins, face à la scène mais un trop loin à mon goût, il ne faut pas oublier que je suis un peu bigleux.
bref, nous voilà assis, à observer grenouilles et crapauds se trouvant autour de nous lorsque les Eagles of Death Metal entrent sur scène.

Eagles of Death Metal, qu’est-ce que c’est que ce nom de groupe ?! du death metal en première partie, quelle drôle d’idée… c’est d’ailleurs à une vitesse plus rapide que la lumière que votre crapaud va protéger ses écoutilles avec du coton, les aigles, ce n’est pas de la musique pour les grenouilles déviantes.

Jesse Hughes, à la guitare et au chant, enflamme le public en un tour de main, je crois que pour une fois l’expression « mettre le feu » n’est pas volée.

Dave Catching assure les renforts par une seconde guitare, tandis que Brian O’Connor se démène sur sa basse. et à la batterie, celui qui tape comme un sourd, ça devrait être Josh Homme.

Josh Homme ? ahhh, mais c’est bien sûr… bon sang de bonsoir, membre des Queens of the Stone Age, le groupe chouchou des… Arctic Monkeys ! n’oublions pas de préciser que monsieur Homme est aussi un des producteurs de Humbug et accessoirement le chanteur et guitariste de Them Crooked Vultures, un groupe qui tue sa mère, auquel participent également John Paul Jones (de Led Zep) et Dave Grohl (des Foo Fighters). autant dire le gars indispensable du moment. sauf que là, ça n’a pas l’air du tout d’être lui derrière la batterie… la preuve en images !

bien que la musique des aigles du métal mort ne m’emballe pas tout à fait, un peu trop rock-qui-tue-les-oreilles à mon goût, ce groupe met une ambiance du tonnerre, à croire que ce sont eux les stars de la soirée. c’est amusant de voir ce groupe chevronné faire la première partie. serait-ce pour remercier Josh Homme de son excellent travail sur Humbug ?!
quoiqu’il en soit, on ne peut que saluer le talent des Eagles. quels chauffeurs de salle, bon sang !

je ne vous détaille pas l’ovation faite à Alex Turner (chant/guitare, ravissant déhanché mais visage fatigué), Matt Helders (batterie-de-la-mort-qui-déchire-le-plafond-du-zénith abhorrant un splendide pull représentant un loup en train de hurler et nous gratifiant de charmants sourires !), Jamie Cook (guitare, sympa, discret), Nick O’Malley (basse, le charme anglais) et John Ashton (à moitié caché derrière ses claviers) à leur arrivée sur la scène.
ouh la la, ça braille de partout, quelle ambiance ! j’ai repéré deux grenouilles anglaise devant nous, lesquelles vont participer grandement à la réussite de cette belle soirée, par leur interprétation, surtout gestuelle, des titres des Arctic Monkeys. on se croirait au pays du chicken pie, votre crapaud a l’impression d’être au paradis.

et le concert attaque méga fort, je crois que je vais déjà défaillir en entendant le premier riff de Dance little liar. bien que loin de la scène, c’est comme si Alex Turner ne chantait que pour moi. quel bonheur…

s’en suit Brianstorm qui nous rend fous, et fait se lever tous ceux qui sont encore assis (sauf un crapaud devant qui semble se demander ce qu’il fait là !), non seulement parce que ce morceau est une tuerie, mais parce que, ça y est, on voit les singes en grand, grâce aux écrans qui s’allument de chaque côté de la scène. ah la la quel spectacle !

les singes prennent le parti (et le risque) de jouer presque l’intégralité de Humbug, faisant même l’impasse sur l’incontournable Teddy Picker :

Dance Little Liar
Brianstorm
This House Is A Circus
Still Take You Home
I Bet You Look Good On The Dancefloor
Sketchead
My Propeller
Crying Lightning
Dangerous Animals
The View From The Afternoon
Cornerstone
If You Were There, Beware
Pretty Visitors
The Jeweller’s Hands
Do Me A Favour
When The Sun Goes Down
Secret Door

Rappel :
Fluorescent Adolescent
505

I bet you look good on the dancefloor déchaîne votre crapaud et son ami têtard, nous dansons comme des fous, c’est trop bon. Sketchead, un nouveau morceau (qui sortira par la suite en single) laisse entrevoir des singes plus sombres que jamais et pas très éloignés de ce qui se fait le plus dur en termes de rock.
oh la la, et je ne vous parle pas de If you were there, beware ou de Do me a favour, on ne sent plus nos pattes. je ne parviens pas à me souvenir sur quel morceau une détonation se fait entendre suivie par une voltige de petits papiers papillonnant dans les airs.

ce concert est tout simplement formidable. ce serait juste bien qu’Alex arrête se cacher derrière ses cheveux, et que parfois il nous cause, mais bon, la prestation musicale des singes est tout simplement à couper le souffle… quand je pense que je les ai boudés alors qu’ils perçaient sur myspace. ça avait fait trop de bruit, pensez-vous, le premier groupe à signer chez un label (et pas le moindre, domino s’il vous plaît, le label d’Animal Collective, des Last Shadow Puppets, de Four Tet, des Kills, des Franz Ferdinand, entre autres !). c’est quand même étrange que votre crapaud se détourne automatiquement de tout ce qui est connu, reconnu et aimé de tous. heureusement le hasard fait bien les choses, merci ô toi, divinité du grand lac !

le seul véritable regret de cette soirée est de voir qu’en dix ans rien n’a changé. le son est toujours pourri, on entend à peine la basse sur certains morceaux, et quand on connait la basse de Nick O’Malley, ça énerve un chouia.
les Arctics Monkeys au Lido ou au Magnet, ce serait pas possible ? je sais pas moi, à l’occasion d’une résidence d’une semaine par exemple… !

© photos by Lorène Lenoir

top of the top: 2009

amis batraciens, bonne année à vous.
que 2010 nous garantisse un étang propre et soigné pour accueillir les meilleurs groupes du monde.

allez, assez plaisanté, assez réfléchi, il est grand temps de sortir de notre nénuphar et de faire le point sur l’année qui vient de s’écouler.

2009 best song of the pond
Cornestone, Arctic Monkeys, extrait de Humbug

2009 best albums of the pond
Veckatimest, Grizzly Bear
Merriweather Post Pavillion, Animal Collective
Beacons of Ancestorship, Tortoise

2009best concertsof the pond
The Dodos, Magnet Club, octobre
Grizzly Bear, Postbahnhof am Ostbahnhof, novembre

2009 best reedition of the pond
The Beatles (remastered)

2009 best surpriseof the pond
Sophia est américain et pas anglais, shame on me

2009 most important discovery of the pond
Sonic Youth et Bright Eyes c’est grenouillement bien !

2009 saddest newsof the pond
RIP Vic Chesnutt

2009 best musical website of the pond
pitchfork

2009 best label of the pond
domino

2009 ugliest cover of the pond
Two Suns, Bat for Lashes

2009 most artistic cover of the pond
Beacons of Ancestorship, Tortoise

2009 greatest moment of the pond
la soirée passée avec the Herbaliser !

voilà, c’est tout pour l’année 2009.
l’année 2010 s’annonce bien, avec la venue de Midlake, Spoon, Tocotronic, We were promised Jetpacks…

à suivre depuis votre nénuphar !