Arctic Monkeys (Zénith, 05/11/09)

by juicyfrog

je n’arrive pas à y croire. dans moins d’une heure, nous y serons, ma grenouile brudi et son têtard de la gare de lyon.
bon, évidemment le lieu du concert est loin de faire rêver : le zénith. quelle horreur, autant que ma mémoire de crapaud me le permet, l’acoustique de cette salle était crado de chez crado. et à l’époque je ne rôdais pas autour des salles de concert indé, c’est pour dire. les ingé son auront-ils usé de leur influence pour que ça change, une décennie plus tard ? il est toujours permis de rêver en tout cas.

nous arrivons donc au zénith, une grande salle sans âme répartie entre une belle fosse et des sièges de halle de sport. nous nous retrouvons assez loin de la scène, il est clair dès le départ qu’il est exclu de laisser un jeune têtard se laisser piétiner par des pogoteurs, donc nous nous plaçons sur les gradins, face à la scène mais un trop loin à mon goût, il ne faut pas oublier que je suis un peu bigleux.
bref, nous voilà assis, à observer grenouilles et crapauds se trouvant autour de nous lorsque les Eagles of Death Metal entrent sur scène.

Eagles of Death Metal, qu’est-ce que c’est que ce nom de groupe ?! du death metal en première partie, quelle drôle d’idée… c’est d’ailleurs à une vitesse plus rapide que la lumière que votre crapaud va protéger ses écoutilles avec du coton, les aigles, ce n’est pas de la musique pour les grenouilles déviantes.

Jesse Hughes, à la guitare et au chant, enflamme le public en un tour de main, je crois que pour une fois l’expression « mettre le feu » n’est pas volée.

Dave Catching assure les renforts par une seconde guitare, tandis que Brian O’Connor se démène sur sa basse. et à la batterie, celui qui tape comme un sourd, ça devrait être Josh Homme.

Josh Homme ? ahhh, mais c’est bien sûr… bon sang de bonsoir, membre des Queens of the Stone Age, le groupe chouchou des… Arctic Monkeys ! n’oublions pas de préciser que monsieur Homme est aussi un des producteurs de Humbug et accessoirement le chanteur et guitariste de Them Crooked Vultures, un groupe qui tue sa mère, auquel participent également John Paul Jones (de Led Zep) et Dave Grohl (des Foo Fighters). autant dire le gars indispensable du moment. sauf que là, ça n’a pas l’air du tout d’être lui derrière la batterie… la preuve en images !

bien que la musique des aigles du métal mort ne m’emballe pas tout à fait, un peu trop rock-qui-tue-les-oreilles à mon goût, ce groupe met une ambiance du tonnerre, à croire que ce sont eux les stars de la soirée. c’est amusant de voir ce groupe chevronné faire la première partie. serait-ce pour remercier Josh Homme de son excellent travail sur Humbug ?!
quoiqu’il en soit, on ne peut que saluer le talent des Eagles. quels chauffeurs de salle, bon sang !

je ne vous détaille pas l’ovation faite à Alex Turner (chant/guitare, ravissant déhanché mais visage fatigué), Matt Helders (batterie-de-la-mort-qui-déchire-le-plafond-du-zénith abhorrant un splendide pull représentant un loup en train de hurler et nous gratifiant de charmants sourires !), Jamie Cook (guitare, sympa, discret), Nick O’Malley (basse, le charme anglais) et John Ashton (à moitié caché derrière ses claviers) à leur arrivée sur la scène.
ouh la la, ça braille de partout, quelle ambiance ! j’ai repéré deux grenouilles anglaise devant nous, lesquelles vont participer grandement à la réussite de cette belle soirée, par leur interprétation, surtout gestuelle, des titres des Arctic Monkeys. on se croirait au pays du chicken pie, votre crapaud a l’impression d’être au paradis.

et le concert attaque méga fort, je crois que je vais déjà défaillir en entendant le premier riff de Dance little liar. bien que loin de la scène, c’est comme si Alex Turner ne chantait que pour moi. quel bonheur…

s’en suit Brianstorm qui nous rend fous, et fait se lever tous ceux qui sont encore assis (sauf un crapaud devant qui semble se demander ce qu’il fait là !), non seulement parce que ce morceau est une tuerie, mais parce que, ça y est, on voit les singes en grand, grâce aux écrans qui s’allument de chaque côté de la scène. ah la la quel spectacle !

les singes prennent le parti (et le risque) de jouer presque l’intégralité de Humbug, faisant même l’impasse sur l’incontournable Teddy Picker :

Dance Little Liar
Brianstorm
This House Is A Circus
Still Take You Home
I Bet You Look Good On The Dancefloor
Sketchead
My Propeller
Crying Lightning
Dangerous Animals
The View From The Afternoon
Cornerstone
If You Were There, Beware
Pretty Visitors
The Jeweller’s Hands
Do Me A Favour
When The Sun Goes Down
Secret Door

Rappel :
Fluorescent Adolescent
505

I bet you look good on the dancefloor déchaîne votre crapaud et son ami têtard, nous dansons comme des fous, c’est trop bon. Sketchead, un nouveau morceau (qui sortira par la suite en single) laisse entrevoir des singes plus sombres que jamais et pas très éloignés de ce qui se fait le plus dur en termes de rock.
oh la la, et je ne vous parle pas de If you were there, beware ou de Do me a favour, on ne sent plus nos pattes. je ne parviens pas à me souvenir sur quel morceau une détonation se fait entendre suivie par une voltige de petits papiers papillonnant dans les airs.

ce concert est tout simplement formidable. ce serait juste bien qu’Alex arrête se cacher derrière ses cheveux, et que parfois il nous cause, mais bon, la prestation musicale des singes est tout simplement à couper le souffle… quand je pense que je les ai boudés alors qu’ils perçaient sur myspace. ça avait fait trop de bruit, pensez-vous, le premier groupe à signer chez un label (et pas le moindre, domino s’il vous plaît, le label d’Animal Collective, des Last Shadow Puppets, de Four Tet, des Kills, des Franz Ferdinand, entre autres !). c’est quand même étrange que votre crapaud se détourne automatiquement de tout ce qui est connu, reconnu et aimé de tous. heureusement le hasard fait bien les choses, merci ô toi, divinité du grand lac !

le seul véritable regret de cette soirée est de voir qu’en dix ans rien n’a changé. le son est toujours pourri, on entend à peine la basse sur certains morceaux, et quand on connait la basse de Nick O’Malley, ça énerve un chouia.
les Arctics Monkeys au Lido ou au Magnet, ce serait pas possible ? je sais pas moi, à l’occasion d’une résidence d’une semaine par exemple… !

© photos by Lorène Lenoir

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