Grizzly Bear + St. Vincent (Postbahnhof am Ostbahnhof, 11/11/09)

by juicyfrog

un nouveau concert du fritzclub à la postbahnhof, quel bonheur. les Grizzly Bear en plus. et St. Vincent en première partie. l’affiche idéale.

votre crapaud est dans un sale état en se rendant au concert. moral en berne et fatigue, bref, c’est pas la joie. mais dès qu’il passe la porte d’entrée et qu’on le fouille en regardant son badge des Arctic Monkeys sur sa veste, il se sent déjà mieux. une petite bière par là-dessus et adieu morosité.

il n’y a presque personne dans la salle quand j’y pénètre. tout de suite mon œil est attiré par la scène… des instruments partout, et des loupiotes un peu partout dans les airs… que c’est joli. c’est quand même assez rare que la scène soit décorée, les concerts de Bat for Lashes et My Brightest Diamond étaient bien les seuls où on pouvait voir une véritable mise en scène. et ce sont des filles, alors on peut se dire qu’elles veulent créer un petit quelque chose rien qu’à elles. les Grizzly aussi visiblement.

la salle se remplit rapidement. et tout aussi rapidement, se constituent deux groupes : les grands sur la gauche et les nains à droite. pour ne rien vous cacher, j’étais au début à gauche…

bref, ma bière se termine, j’ai juste le temps de mettre le verre dans ma poche, et zou, la fumée se propage peu à peu sur la scène et une lumière douce aux tons jaunes laisse place à la charmante Annie Clark de St. Vincent, vêtue d’une jolie petite robe noire. elle est chou, il n’y a pas à dire avec ses jolies boucles noires et ses lèvres bien rouges.

votre crapaud l’a découverte il y a peu, grâce à Andrew Bird (et à, encore et toujours, la blogothèque). un concert à emporter de l’oiseau siffleur que vous pouvez découvrir par ici. un pur moment de bonheur, accrochez-vous…

facile de dire que St. Vincent est à la guitare ce qu’Andrew Bird est au violon. mais bon, en même temps, on n’est pas très loin de la vérité, sauf que St. Vincent ne siffle pas !

Annie Clark se sample, voix comme guitare, en direct, et se fait accompagner par une boîte à rythmes d’où s’échappent des beats qui tapent gentiment sans vous faire exploser le cerveau (pour ceux qui en sont pourvus…). il faut la voir sautiller, quand les beats démarrent. puis elle joue quelques notes, appuie sur une des ses nombreuses pédales, se met à chanter, appuie sur une autre pédale, et tout doucement le morceau prend forme. c’est tout simplement fascinant de voir ce qu’on peut faire quand on est tout seul et qu’on est agile des pieds.

Annie attaque avec Jesus saves, I Spend… sa salle accueille ses « pampampam » avec enchantement… et paf, un gros rif de guitare se charge de rendre ce morceau méchamment rock. ses trois quarts d’heures de set sont une merveille à l’état pur.

dans le public on est tous fous d’elle, on hurle, on applaudit comme des malades. elle sourit, nous remercie sans cesse, comme étonnée de l’ovation qui lui est faite.

ses doigts glissent gracieusement sur les cordes de sa guitare, ses cordes vocales jouent dans les graves comme dans les aigus. parfois un peu de Clare and the Reasons, un chouïa de My Brightest Diamond et peut être aussi un tout petit zeste de Kate Nash parfois.

super non ?! les idées noires du crapaud s’envolent. la bière commence à monter à la tête. génial.

et voilà que St. Vincent annonce le dernier morceau, en nous demandant d’applaudir Daniel Rossen des Grizzly Bear qui la rejoint à la guitare. le petit des Grizzly (il est sur le côté de la droite de la scène, en toute bonne logique !) fait de ce morceau une merveille, ah la la que c’est bien. on se rêve à imaginer Annie Clark accompagnée d’un groupe.

lorsqu’elle quitte la scène, Daniel Rossen reste là et hop, vérifie que les instruments des Grizzly sont en bonne forme. dis donc, Daniel, y’a des techniciens pour ça ! il est ensuite suivi du plus grand ours du groupe, le batteur Christopher Bear, qui vient essayer sa batterie. deux techniciens entrent à tâtons sur scène, ils finissent par reprendre le contrôle de leurs tâches… c’est sans compter sur l’arrivée de Chris Taylor, le bassiste, qui vient faire comme ses comparses. seul Ed Droste manque à l’appel.

les réglages semblent durer des heures, nous faisons remarquer notre impatience au bout d’une bonne demi-heure. les ultimes réglages sont faits, les techniciens se sauvent. voilà les Grizzly.

ils prennent leurs marquent rapido. en voyant Ed Droste, portant un t-shirt « monte carlo », je me demande comment j’ai pu oublier son visage, il respire la gentillesse et la drôlerie. il nous gratifie d’un sourire radieux. à sa droite se place Chris Taylor (qui est aussi le producteur du groupe), chemise à carreaux à moitié ouverte, laissant entrevoir un marcel et un tatouage sur la poitrine. à l’autre extrémité de la scène, Christopher Bear nous salut dans la bonne humeur derrière sa batterie, tandis que Daniel Rossen, à sa droite, positionne sa guitare.

le concert peut commencer.

s’il vous arrive de lire ce blog, et que vous connaissez Grizzly Bear, vous devez vous étonner de voir votre crapaud là, ce soir. il ne vous aura en effet pas échappé, qu’il n’aime pas, mais alors pas du tout, les groupes qu’il appelle « chorale ».

or il se trouve que, bon, oui, les Grizzly Bear, ils chantent quand même souvent ensemble… sauf qu’ils ne se limitent pas, justement, à chanter tout le temps de concert. non, chacun s’approprie un morceau, l’interprète avec justesse, et les autres pendant ce temps l’accompagne, sans que cela soit de manière systématique. si leur instruments se superposent en couche, les voix font de même.

ils ouvrent le concert avec Cheerleader… ahhhhh la la, la basse de la mort qui tue… en un morceau, un seul, ils enflamment l’assistance qui restera embrasée jusqu’au dernier rappel.

s’il m’est difficile de vous donner la setlist du concert (je ne connais pas vraiment les titres des morceaux, honte à moi), elle associe des morceaux de Yellow House et de Veckatimest. mise à part un titre qui ne me dit rien, je me délecte de chaque morceau, de ces voix qui arrangées merveilleusement vous emportent loin, bien loin, de la justesse de chaque note, de la complexité de chaque accord.

les Grizzly jouent comme des fous, se lancent des regards complices, se balancent des gouttes de sueur, se perdent dans les morceaux, passent de la guitare au clavier, de la basse à la clarinette ou au saxophone, de la batterie au piano, c’est la folie.

la balance est parfaite, tant au niveau des voix qu’au niveau des instruments. le son est impeccable. les loupiotes rouges s’allument sur certains refrains, l’ingé son qui s’en occupe fait du joli travail, il donne un petit côté magique à cette soirée, c’est très beau.
dans la salle, nous sommes serrés les uns contre les autres comme si on voulait se tenir chaud. certains morceaux méchamment entêtants nous font nous perdre avec les Grizzly.

lesquels semblent, comme nous, avoir le tournis. Chris Taylor délaisse un moment son saxophone d’où sort un son sourd pour exprimer sa surprise : « You’re incredibly tall in this room, that’s amazing! » c’est sûr qu’à part Ed Droste, les membres du groupe ne sont pas spécialement grands !

qu’on est bien avec eux. comme si le concert durait des heures et que la fin n’allait jamais arriver. l’ivresse est générale et nettement perceptible, sur la scène comme dans la salle.

lorsque les lumières se rallument après le rappel, la magie s’arrête brutalement d’un seul coup. chacun revient alors à cette réalité un peu moche, même si on lit sur les visages un véritable bonheur.

si seulement on pouvait rester. passer quelques heures avec les Grizzly. encore.

© FritzClub for concert pictures
© Grizzly Bear
© St Vincent

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