the Herbaliser (Lido, 13/11/09)

by juicyfrog

après Portishead en 2008, encore un grand moment en perspective.
un autre groupe mythique de votre crapaud, un groupe qu’il aurait pensé ne jamais voir de sa vie. et qui était en concert ce soir là. et comme on ne se rend pas seul à un concert mythique dont la date a été annoncée il y a moins d’un mois, votre crapaud a convié sa grenouille phacochère à venir danser avec lui.

car il ne s’agit pas seulement d’aller les voir et les écouter. vous vous imaginez assister à un concert des Herbaliser sans danser, vous ? surtout avec Ollie Teeba aux platines, je ne vois pas trop comment c’est possible !

ahhh que la journée avait bien commencé… ce matin là votre crapaud fait péter sur sa chaîne dès 9h du matin Take London, l’avant-dernier album des Herbaliser. de quoi vous donner la patate pour toute la journée. Same as it never was s’enchaîne admirablement, alors le dernier album a continué de rythmer ma journée.


et le soir est arrivé, le crapaud n’en peut plus. aaahhhh, voir Wherry et Teeba, ouais, pour de vrai, c’est pas possible !
et c’est où, cette belle soirée qui s’annonce ? au Lido ! ma grenouille et moi prenons soin de ne pas arriver en retard, car nos contre-marques nous indiquent d’être là à l’heure (du jamais vu pour un concert !).
et à 21h pétantes, The Herbaliser envahissent la scène, au grand bonheur d’un public qui est déjà hystérique.
9 ans qu’on attend ça, autant dire une éternité. et Same as it Never was qui ouvre le bal sans même nous laisser le temps de regarder qui est là, ni de réaliser qui est bien là, devant nous, ce soir.

c’est sûr qu’à part Ollie Teeba, ma grenouille et moi, on ne connait pas les autres. il nous est arrivé d’aller guincher à l’Icon, un super club berlinois, repère du label Ninja Tunes, où DJ Ollie Teeba vint faire un set le temps d’une soirée mémorable (bien que les Herbaliser soient désormais chez K7!).
bref, nos regards cherchent Jake Wherry, la deuxième tête pensante des Herbaliser qui normalement est à la basse. mais votre crapaud a un doute. le gars qui est à la basse ne lui ressemble pas vraiment. et puis bon, comme le trompettiste est quand même le chauffeur de salle, rigolard, sympa comme tout, et nous faisant faire n’importe quoi, on en vient à la conclusion que ça doit être lui (sauf qu’au final on apprendra qu’il s’agit de Ralph Lamb !!).
et hop, quand Jessica Darling arrive sur scène pour Can’t help this feeling, vos batraciens n’ont plus aucun doute sur l’identité de chacun des membres.

ouh la la, Jessica Darling. une anglaise, une vraie ! les grenouilles de l’assistance retiennent leur souffle, Jessica arrive dans une robe très… comment dire… aérée ?! des bouts de tissu noir tenant les uns aux autres par l’opération du saint-esprit (et quel esprit !) et quelques petits boutons boutons par ci, par là, laissant découvrant la jambe gauche de la belle jusqu’en haut de sa cuisse ! la robe est joliment échancrée pour qu’on puisse imaginer à loisir la généreuse poitrine de la demoiselle…
autant dire que quand elle commence à chanter, les grenouilles s’affolent de tous les côtés.

vous aussi vous voulez voir Jessica ? allez, voilà le clip de Can’t help this feeling, rien que pour vous …

si Jessica est un chouïa vulgaire mais charmante au demeurant (!), on ne peut en revanche pas contester sa voix et sa manière de mettre le feu à une scène en se trémoussant. c’est sûr qu’elle n’a pas le phrasé délicieux de Jean Grae, qui pousse la chansonnette sur d’autres albums des Herbaliser, mais elle ouvre une nouvelle voie au groupe sur son dernier album (ah ah ah !).
car si vous ne connaissez pas les Londoniens, leur electro, scratch, jazz, hip hop serait une heureuse rencontre entre James Brown et James Bond. James Brown meets James Bond. ils revendiquent aussi bien l’influence de James Brown que de Lalo Schifrin, alors forcément ça peut faire que remuer du popotin !!

regardez un peu ce petit film réalisé par leur label pour en savoir plus…

la setlist du concert est renversante… Mr Chombee has the flaw, Geddim’, Missing Suitcase… je peux même vous la donner dans l’ordre si vous voulez… (voir plus bas !)

l’ambiance est torride, c’est l’euphorie complète. tout le monde gigote, rigole, quel bonheur. Ralph Lamb nous demande constamment d’hurler, d’applaudir, de chanter. il est largement responsable de la réussite de la soirée, car si on compte sur Teeba pour mettre de l’ambiance, on peut attendre longtemps ! planqué derrière son ibook et ses platines, il se lèche en permanence les doigts pour scratcher, mais reste dans son coin ! la trompette de Ralph Lamb, les saxos et la flûte d’Andrew Ross n’arrêtent pas une seconde, c’est dingo. la flûte traversière dans l’électro, je ne vous dis que ça !

au chant, quand ce n’est pas Jessica qui s’y colle, l’ambiance est assurée par MC Icon, un gars de New York, qui, non content de chanter comme une bête, ne cesse de sourire et de se marrer…
on se demande comment on va sortir de tout ça. les quitter ? c’est pas possible ! lorsqu’ils sortent de scène une première fois, ça hurle, ça siffle, ça tape des pieds, même votre crapaud braille autant qu’il peut.

ils reviennent avec Stranded on Earth et un autre morceau bien dansant. et ils se retirent à nouveau, en nous remerciant, ivres de bonheur et de fatigue. ça hurle, siffle, tape des pieds à nouveau, on sent bien que personne n’est prêt à lâcher le morceau. du coup, les revoilà, essayant de nous mettre à genoux (c’est un peu facile) avec On your Knees et Missing Suitcase… mais ma grenouille et moi, on a décidé qu’on ne partirait pas avant que le morceau qu’on veut entendre soit interprété… et j’ignore si les autres veulent le même morceau que nous, mais alors que les lumières se rallument, personne ne bouge, et c’est reparti pour un tour…

Ralph Lamb réapparaît, tout joyeux, suivi des autres, et d’un Ollie Teeba qui a l’air méchamment bougon. et lorsque Lamb annonce Amores Bongo, la grenouille et le crapaud se mettent à hurler comme des déments et dansent comme des fous jusqu’à la dernière note.
puis les lumières se rallument pour de vrai, et ni le crapaud ni la grenouille n’en croit leurs oreilles… la compile Headz sort des hauts-parleurs, l’ère electro-trip-hop est toujours d’actualité, ouéééééé !

particulièrement en forme, votre crapaud s’approche de la scène et demande au technicien (en anglais, n’importe quoi !) la setlist. jamais il n’avait fait ça de sa vie.
et puis, après, grenouille et crapaud se boivent une bière pour se rafraîchir, et c’est alors qu’ils voient un gars avec lui aussi une setlist à la main, mais signée par les Herbaliser.
alors ils ne se démontent pas. et filent en direction de leur loge. une petite hésitation avant de frapper à la porte quand même, je ne fais pas le malin pour autant. ma grenouille m’encourage. Ralph Lamb ouvre la porte en souriant et je n’ai même pas le temps de faire mon timide, je lui tends la setlist, je le remercie pour ce concert d’exception et il me demande de repasser dans cinq minutes avec un stylo.
dix minutes plus tard environ, une fille du Lido entre dans la loge et j’en profite pour monter ma petite tête. Lamb revient, hilare, et Teeba est juste à côté de lui. je rentre dans la loge, comme si j’étais chez moi. je dis à Lamb que c’est pas gentil de nous avoir fait attendre autant d’années, il rigole, Teeba aussi (Ollie Teeba qui sourit ça fait un choc, lui qui n’a pas décroché un rictus de la soirée !).

on se dit des banalités d’usage, et Lamb signe la setlist. alors qu’il la tend à Teeba, ce dernier ôte son pantalon (oui, oui, vous lisez bien !), découvrant un caleçon coloré. Teeba se marre comme un bossu, et s’excuse de se dépoiler tout en signant à son tour la setlist. à ce moment précis, Lamb passe derrière lui et lui baisse son caleçon ! bien entendu, le temps de réaliser ce qui se passe (mes yeux étaient portés sur la main de Teeba en train de signer, l’innocence même…), la situation est revenue en ordre et le caleçon à sa place ! c’est évidemment le fou-rire général, et je ressors de la loge en les remerciant, même pas gêné, vraiment on se sent comme chez soi avec eux !

la porte se referme, grenouille et crapaud regardent la setlist paraphée. Andie Ross sort à son tour et vient nous causer. il nous remercie d’être venu, on le remercie d’être venu…
et puis on s’éloigne. gonflés à bloc par ces deux fabuleuses heures de concert.
en sortant, on aide d’autres fans à décoller des affiches du concert et on se les partage.
puis chacun rentre chez soi. votre crapaud se dandine encore dans le tram sur le chemin du retour.
et si on refaisait la fête comme ça, sans attendre dix ans ?!

© pictures from myspace, herbaliser’s website and seemagazine

Advertisements