Month: October, 2010

White Rabbits (Magnet Club, 01/06/10)

le crapaud trépigne en achetant son billet.
car il seront tous seuls, oui, tous seuls au Magnet.
et le crapaud veut être tout devant cette fois, pour en prendre plein les oreilles et les mirettes.

tout s’annonce pour le mieux dans le plus beau des étangs. la grenouille batteuse et la grenouille phacochère sont de la partie.

la nervosité du crapaud est malgré tout palpable en arrivant à la nouvelle adresse du Magnet Club, cette toute petite salle magique, fabuleuse, qui l’ensorcela pendant le concert des Dodos. une nouvelle adresse donc, mais avec presque la même configuration qu’avant, on ne devrait pas perdre au change, merci jésus des batraciens.

les dits batraciens prennent place devant la scène, stratégiquement installés, légèrement sur la droite. dans moins d’une heure les lapins seront là. une belle soirée entre bestioles.

les White Rabbits sont de retour à berlin, tout seuls cette fois, alors n’espérons même pas croiser un joli regard bleu… installez-vous confortablement, vous voilà, vous aussi, au Magnet…

pour vous mettre bien dans l’ambiance, sur la scène se trouve divers instruments divers et variés, avec en premier plan un clavier et une… harpe ! les grenouilles et le crapaud ricanent sous cape et se lancent un regard tout autant apeuré qu’amusé en voyant des ombres monter sur scène.

une des choses se met en position derrière la harpe. elle est suivie par une autre chose qui est au clavier. les deux trucs sont habillés dans des vêtements un peu glitter, moulants, dans de jolis tons, le bon goût assuré.

il faudra supporter le premier morceau pour apprendre que nous avons la chance et le bonheur ce soir d’avoir devant nous Active Child. pourrait-on nous indiquer la sortie de secours, s’il vous plaît ?!

Pat Grossi est donc à la harpe, il chante très haut, bien qu’il soit loin de vous donner le frisson comme Jónsi (ndr : le chanteur de Sigur Rós) peut le faire en moins de trois secondes. pendant ce temps, le copain de Pat joue des rythmes électro fleurant mauvais (ou bon, c’est selon) les années 80.

il est très tentant de quitter la salle. mais le problème, c’est que si on part maintenant, on pourra très certainement se gratter pour avoir des places pareilles pour les lapins. alors on souffre, en silence, et on essaye de prendre ça à la rigolade, même si ça fait mal aux oreilles.

heureusement ça finit par s’arrêter et ça commence à sentir le lapin. c’est tout doux. la scène est minuscule et rappelons que les lapins sont quand même au nombre de six et qu’ils ne tiennent pas dans un chapeau.
le piano est juste devant le crapaud. Stephen Patterson va pouvoir brailler et s’exciter sur son piano, là, oui, juste devant le crapaud. tiens ben d’ailleurs le voilà, alors qu’une tribu de crapauds se trouvant à mes côtés commence à hurler comme à la saison des amours. je détourne rapidement mes yeux de la scène pour comprendre… les hystériques sont des têtards, bigre, ils sont venus en nombre !

pendant ce temps, Greg Roberts (guitare/chant) se place sur la gauche de la scène, mais c’est presque comme s’il était devant nous. Brian Betancourt (basse) s’installe entre le piano et les deux batteries de Matt Clarck et Jamie Levinson. Alex Even et sa guitare se positionnent au milieu. ben dis donc, on est drôlement près, c’en est presque intimidant… Stephen Patterson nous fait un sourire gêné rien que pour nous, ben oui, forcément on joue presque avec lui. la lumière s’éteint, les crapauds frémissent en silence pendant que les grenouilles retiennent leur souffle.

dès la première note, les frissons laissent place à l’incrédulité. c’est quoi ce son sorti des cabinets ?
nous sommes médusés. oui, on entend parfaitement le piano et une des batteries. mais… mais, où sont les guitares et la basse ? et les voix (heureusement que Patterson chante bien fort en ouvrant bien grand la bouche), on est près, on est beaucoup trop près, FFS !

une fois le désappointement ravalé, le crapaud décide que ce n’est pas une raison pour faire la tronche. après tout, rarement il aura la chance d’avoir l’impression d’être sur la scène avec un groupe qui le rend heureux.
alors on détend et on fait un joli sourire à Patterson, dont la voix, et la bière, font bien vite faire oublier au crapaud sa mauvaise humeur passagère. quel grognon ce crapaud, vraiment.

la bière de Stephen Patterson. alors, soyons clair, ce jeune homme assure comme une bête au piano (entre autres). en revanche, il ne sait pas, mais alors vraiment pas boire une bière. il saisit comme une brute la bouteille, la porte à sa bouche à la fin du premier morceau, la repose comme un bourrin, la mousse grimpe, il en a plein les mains – y’en a plein les câbles aussi – il s’essuie comme il peut et attaque Rudie Fails un brin stressé. à la fin du morceau il cherche sa bière de la main, la trouve, la porte à sa bouche, ça mousse de partout, il la repose, la bouteille chavire sur les câbles. on se marre au premier rang. le crapaud tend sa main, relève la bouteille, tandis qu’un autre crapaud passe des mouchoirs pour éponger les câbles.

pendant The Plot, Patterson n’en peut plus de cette bière qui mousse, surtout que les lapins enflamment l’assistance avec leurs morceaux qui rendent fous et il fait chaud. ça donne soif. alors il prend la deuxième bouteille qu’il a à proximité. et ça recommence, il avale une gorgée, ça mousse, il en a partout, il pose la bouteille légèrement excédé, il la renverse. le crapaud la relève. il a de la bière partout autour de lui. et le crapaud est au comble du bonheur… car Patterson joue et tape furieusement du pied… entre deux morceaux, il finit par se rendre compte de l’état de sa robe (je suis un crapaud coquet, je mets des robes). il me jette un regard piteux, et j’entends « sorry » sortir de sa bouche. je m’entends lui répondre « my pleasure ». ah qu’est-ce qu’on rigole !

sinon, à part la bière, rien, rien, absolument rien n’est à jeter chez les White Rabbits. des guitares dansantes et mélodiques (quand on les entend), des batteries qui réveilleraient une grenouille momifiée depuis des siècles. un piano qui rend heureux puis fou et des chants qui se superposent et se complètent avec justesse.

les morceaux sont très (sans être trop) rapides mais bien ficelés. on ne perd pas de temps à discuter avec le public, après tout, les lapins ne sont pas là pour ça. Percussion Gun déchaîne les batraciens, avec ses deux batteries enragées (le regard dans le vague et légèrement hypnotisé d’un des batteurs inspire par ailleurs une certaine crainte à l’assemblée).

They done Wrong/We done Wrong laisse place à une délicieuse mélodie à la guitare, à un piano moins grave mais au combien remarquable et à des batteries plus discrètes. les premières notes de Lionesse donnent lieu à une douce frénésie générale avec ses notes de piano complètement dégénérées et entêtantes et des guitares très spooniennes. les mêmes guitares oscillent entre douceur et déchaînement sur Midnight and I tandis que la voix presque plaintive de Patterson nous enveloppe avec une certaine sensualité.

je vous laisse décoder la setlist, gnarf, gnarf, gnarf !

lorsque la dernière note de The Salesman (Tramp life) retentit, le désespoir est général.
on ne veut pas partir, on vous aime les lapins (et pas seulement à la moutarde)… ça coasse fort dans la salle.

mais alors que la lumière jaillit, la main du crapaud se tend une dernière fois sur la scène et s’empare de la setlist sous le regard incrédule des têtards…

[©Active Child and White Rabbit’s pictures from their respective MySpace ; ©Andrew Droz Palermo for Percussion Gun‘s pictures]

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at home with sophia (NBI Club, 16/05/10)

on a dull day, as you’re surfing on the net, someone makes you an offer you can’t refuse…

Robin Proper-Sheppard offers you to be at home with Sophia… how could you expect your heart to remain quiet once the excitation arouse without control? especially when you’re a fan of Mr. Proper-Sheppard, a well-tempered guy and ex-member of the God Machine.

and probably one of the frog’s favourite songwriter.

for Robin’s lyrics aren’t just words thrown in the air that move you to tears.his interpretation either on your stereo or live is just amazing. such a fucking emotional moment.

your frog fell in love with Robin’s lyrics in 1997, while listening to Fixed Water for the very time. a poignant and affecting album comprising eight wonders full of melancholy, bitterness, sadness and grace, among which is it any wonder, I can’t believe the things I can’t believe, so slow

a year later came The infinite Circle and the splendid, magnificent directionless, bastards, the river song, if only

how can i put it? Sophia moves me, touches me like no other band. when i hear Robin’s singing about his new relationship failure, about his life disbelief, about the dead of a friend, i just feel like he’s been part of my life for years. through his albums and concerts, i follow his life, his very personal life, his inner side, for he keeps repeating in interviews and concerts that, true, his texts are only about what happens around him, about his fucking life.

another reason why i like Robin Proper-Sheppard’s humour and cynicism is simply because he’s the only guy i know who has a “fuck” feature included! i’ve never tried to count them, but this lovely word may be one of his favourite when he’s angry. or not angry. and Robin is not only a very talented songwriter but also an excellent guitarist and a fucking amazing entertainer…

for god’s sake, Robin Proper-Sheppard is offering ME to be at home with Sophia. i can already feel some gooseflesh erecting on my batrachian’s skin…

for this special event, i asked both the storyteller toad and the wild-boar toad to join me. we arrived pretty late, all three of us, at the NBI Club, a new concert venue in the Kulturbraurei. i’m a bit tense for i don’t know the place and don’t fucking know either how many people are supposed to be already here. i want to be close to Robin, don’t want to see him from a shithole.

and to my very surprise and disappointment, the NBI Club is a very small concert hall dedicated to around 150 people… and most of the chairs are already busy or booked. fuck it!

i try to keep calm, stay in good mood, and just make my mind, saying that we aren’t that far, after all… i’m fucking nervous, for god’s sake.

nevertheless, all of a sudden, the frog enters the twilight zone and sees some other frog in front of the stage, first row, who is waving in their direction. it takes me a little while to realise that this frog is actually waving at the storyteller toad. who waves in return and leaves us to have a chat with this mysterious frog. a few minutes later, the storyteller toad is calling at us, encouraging us to come closer to the front of the stage. what a masochist moment… being so close of the stage, gazing lovingly at the few scattered places which are still free at the first and second rows! how cruel!

suddenly, my eyes meet some other frog’s eyes. the frog looks at me with a great surprise and says: “aber hallo, wie geht es dir?!” the juicy frog is a bit stunned, fuck, how’s this?! my brain establishes a quick connection to the real world, mayday, beware you’re now leaving the twilight zone. eventually, i hear my own voice says: “unglaublich, du bist!”. you’ll notice in passing that i didn’t really answer the question, but never mind, who cares?!

i know this frog, who knows the storyteller toad’s frog. the wild-boar toad seems amused and doesn’t understand a word of it. who’s who? but nobody actually care for the three seats left have been reserved for… us! damned, i knew it, we, frogs, do have a god!

i now sit directly on the first row. i’m still stunned. unable to speak or say anything. just feeling merry, already happy… after a short chat with the frog i know (who’s actually the mother of my storyteller toad’s frog), i decide to organise a possible setlist in my head. but my brain’s too impatient. i observe the stage: the set decoration is similar to the There are no Goodbyes‘ design.

at the back stands a panel covered with a flower wallpaper, in beige and rosa shades. on the left, a tape recorder (an old one type, like the ones we used to have at school, when we were still tadpoles) which is playing some music. and on the very front of the stage, a wonderful condenser microphone (neumann’s style) equipped with a pop filter.

Robin, when are you arriving? i’m not the only one to be dying to see him. after a long while, impatience is clearly growing within the audience. long minutes passed by until we see two elegant shoes and a folk guitar leap on the stage. Sophia is on the stage. we’re at home with Robin Proper-Sheppard.


i can feel the hairs erecting on my skin and filling me with joy and happiness as he just says “hi”.

it doesn’t take him long to thank us for not having sent any song requests via email dedicated to the evening setlist. i questioned my wild-boar toad with a disbelieving glance, fuck, i didn’t know about that. i immediately concentrate and decide that i’d have asked him to play Lost and Something. but it’s fucking too late, stupid me…

never mind, the setlist he composed for us is just perfect…

i won’t detail you this incredible and magnificent evening. Robin Proper-Sheppard’s performance is perfect, as usual: amazing and moving voice, perfect guitar and melodies, excellent and hilarious jokes, a few bunches of “fuck”, “fucking”, “what a fuck”, irony and self-critic. tonight, Robin is bitter to tell us that his story with Astrid is over… they apparently had a kind of argument, and as he left, he only felt half sad, for he was sure she would text him to apologise or ask him to come back. but she didn’t.

but even in such a moment, Robin Proper-Sheppard’s black humour is able to make you laugh about it. he’s simply the best guy who put words on your own feelings in the most desperate moments.

i wish i could explain him that girls aren’t that complicated. but would he believe a frog?

Francesca Fiorini, for pictures of Sophia in concert ; ©Sophia’s website for at home with Sophia‘s panel and Sophia’s Myspace for Robin Proper-Sheppard’s portrait]