The Dead Weather (Huxley’s, 01/07/10)

by juicyfrog

bon, disons le carrément, cette soirée n’est pas comme les autres.

d’abord je vais voir un groupe que je ne connais pas très bien, mais dont j’admire au moins deux membres. segundo, je suis accompagné pour l’occasion par ma backslapping grenouille (une des meilleures potes, ever).

cela explique sans doute pourquoi j’arrive au Huxley’s ivre d’un bonheur pas définissable, un chouïa stressé quand même, à l’idée d’être, et en retard et, de surcroit, de ne pas retrouver le chemin de la salle, alors que même sans lunette c’est faisable dès qu’on sort du métro. m’enfin, on ne se refait pas… ! pour parfaire le tableau, on est méga à la bourre.

le crapaud contrôle son stress au maximum le temps d’acheter à l’arrache un sandwich et une bière. et puis il faut bien rentrer dans la salle, pour constater que celle-ci est pas mal pleine à son grand dam. on est plutôt loin de la scène, y’a un banc immense de géants, pas une seule poche de nains. crapaud, n’oublie jamais où tu vis !

mais pour la première fois de sa vie justement, le crapaud s’en moque éperdument. je ne cherche même pas à y voir mieux. après tout, je n’ai rien vu au concert des Dodos, lequel avait été l’un des meilleurs de 2009.

au loin donc, je perçois, une espèce d’œil en fond de scène. jusqu’au bout du concert je me demanderai si c’est un œil ou une lune, pour vous dire à quel point l’horizon est bouché !

mais peu importe, voilà déjà les Dead Weather, pas de première partie !

s’ils sont difficilement visibles, on les entend arriver à l’hystérie collective qui se déclenche. j’aperçois le chapeau de celui qu’on est, en fait, venu voir ce soir. non, parce que on aurait très bien pu être là aussi pour les White Stripes ou les Raconteurs. Jack White est un **** de guitariste et la seule évocation de son doux nom en fait frémir plus d’un, semble-t-il (je ne le connais pas très bien pour tout vous dire, mais mon crapaud bornérien pourrait m’en parler pendant des heures !).

bon alors, les Dead Weather. ils se composent (attention les yeux) de Mademoiselle Mosshart (Alison) au chant et à la guitare, Monsieur White (Jack) à la batterie et au chant, Jack Lawrence (des Raconteurs) à la basse et sa majesté Fertita (Dean) des Queens of the Stone Age à la guitare.


évidemment, que voulez-vous ajouter d’un concert pareil, si ce n’est que c’était du grand art, même si tout ce que vous avez vu, ce sont les cheveux d’Alison et le chapeau de Jack ?

alors laissez-moi vous faire une confidence de crapaud… si j’ai la plus grande estime pour Jack White, en revanche je kiffe grave Alison Mosshart.

sans doute parce que sa rage me rappelle celle de Polly jadis, en plus frapadingue (et bien moins sexy). et aussi parce qu’un jour, alors que je découvrais un nouvel opus de Dionysos… j’aurais mis ma main au feu à l’époque (jeune inconscient que j’étais) que la voix qui accompagnait celle de Matthieu Malzieu était celle de P.J. et quelle ne fût pas ma surprise – un chouïa blessé dans mon honneur de crapaud d’avoir confondu la fille des Kills avec P.J. – le dieu des batraciens me pardonnera cet égarement soudain ou peut-être que j’irai en enfer. je ne demande pas mieux d’ailleurs.

enfin, bon, voilà, la chanteuse des Kills, ce duo anglo-américain déglingos que le crapaud n’écoute qu’après deux ou trois litres de bière, ne lui demandez pas pourquoi.

alors, voilà, cette fille est tout bêtement une tueuse sur scène. je ne sais pas à toi elle tourne, mais je la sens bouger comme une folle sur la scène, hurlant parfois à vous faire frémir jusque dans le bas de votre slip, si vous êtes un crapaud civilisé et que vous en portez. ses hurlements sur I am mad me font frissonner d’un bonheur sans précédent et me donne une envie furieuse de me mettre minable pour monter sur scène chanter avec elle.

pendant que ma grenouille et moi nous rinçons le gosier, les guitares font rage, la batterie change de mains pour Die by the Drop pendant lequel Jack White vient prêter sa voix à celle d’Alison. les riffs de guitare grondent, on entend parfois (où serai-je déjà en enfer ?!) quelques notes de piano qui viennent renforcer le côté blues du concert.

No Horse
60 Feet Tall
Hang You From The Heavens
You Just Can’t Win (Them cover)
I Cut Like A Buffalo
Gasoline
The Difference Between Us
I’m Mad
New Pony (Bob Dylan cover)
Bone House
Die by the Drop
Rocking Horse
Hustle and Cuss
So Far From Your Weapon
Jawbreaker
Will There Be Enough Water?

Encore:

Blue Blood Blues
Rolling in on a Burning Tire
I Can’t Hear You
Treat Me Like Your Mother

je ne sais pas trop quoi ajouter à tout ça. j’ai l’impression d’avoir été converti au rock. au rock pur et crado, celui qui donne envie d’avoir des tatouages sur les cuisses… je ne tarde pas, quelques jours plus tard, une fois l’hystérie calmée et ma grenouille repartie, à aller consulter mon médecin ès-batraciens.

– docteur, ça ne va pas. j’ai l’impression d’être fou. ou plus précisément, j’ai l’impression d’être dépendant, est-ce que c’est grave ?
– de quelle substance, crapaud ?
– de la guitare.
– laquelle ?
– toutes, c’est ce qui m’inquiète.
– rentrez chez vous, allez sur ce site sur lequel vous achetez vos cd. commandez Sea of Cowards. et quand vous l’aurez reçu, mettez-le à fond sur votre chaîne, ça ira mieux après.

sauf que ça va pas mieux depuis. pour vous donner un aperçu de l’étendue des dégâts, ben je m’achèterais bien une guitare…

CassandraX and Michaela Marmulla for concert pictures ; ©The Dead Weather‘s Myspace]

Advertisements