post-rock season, part 2 featuring GY!BE

by juicyfrog


cette année, le crapaud fête son anniversaire le 20 janvier.
un événement en soi, puisque ce n’est pas arrivé depuis… un peu plus de dix ans ou quelque chose comme ça…

bref, cette année, c’est la fête, même si personne n’est convié à me rejoindre pour la soirée qui s’annonce, car je crois que GY!BE est le seul groupe que je n’ai envie de partager avec personne… (en tout cas, personne ne se trouvant sur l’étang).

s’il est vrai que les canadiens ne sont pas restés muets ces dernières années, en publiant d’autres albums avec d’autres formations (ne serait que l’épatant Kollaps Tradixionales de A Silver Mount Zion paru en 2010), leur venue dans l’étang constitue un vrai moment d’exception.

après sept ans d’abstinence, Godspeed You! Black Emperor est à l’Astra et le crapaud est plus que jamais sur Jupiter ou quelque part par là-bas.

car se retrouver devant GY!BE, ça vous coupe les cuisses… pour preuve, mes pattes avant qui sont toutes moites.
autant que je me souvienne, mon premier (et unique) concert de GY!BE en 2003 a été une expérience unique car inoubliable : le seul moment de ma vie où je suis senti partir à un endroit non répertorié sur une carte, où ma tête s’est enfin mis en veille, où je me suis laisser perdre sans rien contrôler à aucun moment.


à la base, Godspeed représente l’association parfaite entre le violon, le violoncelle, la basse, la batterie, la guitare électrique et le tournevis.
multipliez par deux ou trois le tout (sauf pour les cordes) : deux batteries, deux à trois guitares, une à deux basses, deux à trois tournevis (le tournevis étant l’allié indispensable de la guitare pour la faire pleurer et prolonger la note à l’infini).
s’ajoutent parfois aussi une contrebasse, du glockenspiel, des claviers, de l’accordéon…

faites ensuite quelques boucles, superposez-les avec délicatesse, montez une chantilly hypnotisante et pas trop sucrée, appuyez doucement sur la pédale d’accélération, laissez votre cœur s’emballer gentiment, encore, un peu plus vite, jusqu’à l’explosion.
vous pouvez ensuite reprendre votre souffle, vous essuyer le front et prendre éventuellement une douche.

ce soir, devant vous : Efrim Menuck (guitare), David Bryant (guitare), Mike Moya (guitare), Bruce Cawdron (batterie), Aidan Girt (batterie), Mauro Pezzente (basse), Sophie Trudeau (violon) et Thierry Amar (basse/contrebasse).

et derrière vous : Karl Lemieux et une bonne tripotée de projecteurs (diffusant des boucles super 8).

ouvrez grand vos oreilles pour quelques morceaux durant entre dix et trente minutes, avec en ouverture un morceau encore jamais entendu, suivi un peu plus tard de Albanian, tout nouveau lui aussi…

Hope Drone
Gathering Storm
Monheim
Albanian
Chart #3
World Police and Friendly
Dead Metheny
The Cowboy

Encore :
Moya
BBF3

imaginez ensuite le crapaud tout conquis en voyant revenir le groupe pour les rappels, et devenant complètement enragé à la première note de Moya (suivi du magistral BBF3)… les deux morceaux de Slow Riot for a Zerø Kanada, le meilleur EP de l’histoire du post-rock, n’ayons pas peur de le dire !

si personne ne décroche un mot sur scène comme dans le public, l’intensité du moment présent est perceptible sur bien des visages. les lumières diffuses et intermittentes créées par les boucles super 8 nous plongent parfois dans le noir, prolongeant cet état de bien-être total difficilement atteignable sans prendre quelque stupéfiant.

chaque morceau est une tuerie sans nom, et pourtant quand GY!BE quitte la scène, nous offrant coucous de la main et autres gentils sourires, personne ne proteste et chacun s’éclipse sans demander son reste. tout le monde est cuit.

les lumières se rallument alors brutalement, le retour sur terre n’est pas très agréable.
je retrouve mes esprits pour quelques minutes et bondis, dans un état de fébrilité complet, sur une grenouille accompagnée de son petit-têtard (qui a fini par se boucher les oreilles sur The Cowboy tellement c’était violent pour un jeune têtard…), lequel s’amuse de me voir si ému.

trouvant péniblement mes mots, je lui demande si elle peut prendre mes coordonnées et m’envoyer les films qu’elle a faits pendant le concert… même si je me doute du piètre résultat des films, vu la faible luminosité…
je m’étonne moi-même d’aborder quelqu’un de la sorte, mais bon, voilà.

je continue à roder un peu dans la salle, peinant à retrouver le chemin de la sortie (c’est tout droit). je m’approche timidement du stand où s’attroupent batraciens de tout poil, et mes yeux croisent alors ceux de Mauro Pezzente qui est là, tranquillou en train de vendre posters et t-shirts (d’ailleurs tout le groupe, ou presque, est là).

je contiens difficilement mon trouble alors que nous échangeons quelques mots. ah la la, pourquoi partir, pourquoi ?!

je rejoins lentement mon nénuphar, toujours ivre de bonheur. à quand le prochain concert ? et le prochain album ?

les choses se sont d’ailleurs quelque peu précisées depuis et l’agitation est à son comble sur l’étang.

[©pictures from GY!BE’s MySpace]

Advertisements